Publié le 26 octobre 2025. L’Argentine ouvre ce dimanche ses bureaux de vote pour des élections législatives cruciales. Quelque 36 millions d’Argentins sont appelés aux urnes dans un contexte de forte instabilité monétaire, un défi majeur pour le programme économique du président Javier Milei.
Ce scrutin de mi-mandat est déterminant pour le président Javier Milei. Les résultats détermineront s’il obtiendra le soutien parlementaire nécessaire pour faire passer ses décrets et mener à bien ses réformes fiscales, sociales et des retraites. « On ne peut pas réparer cent ans de décadence en 20 mois », a récemment déclaré le président pour justifier l’ampleur des transformations engagées.

Pour atteindre son objectif, le parti de Javier Milei, La Libertad Avanza (LLA), doit impérativement trouver des alliés au centre-droit. L’objectif est de contrer le péronisme, principal parti d’opposition de centre-gauche, qui avait déjà remporté une victoire face à la LLA lors des élections régionales dans la province de Buenos Aires. Actuellement, la LLA dispose de seulement 37 députés sur 257 et six sénateurs sur 72, ce qui rend essentiel l’obtention de nouveaux sièges.
Un pays divisé face aux réformes
Le scrutin intervient dans une ambiance de tension palpable au sein de l’électorat argentin, reflétant les profondes divergences économiques et sociales du pays. À Puerto Madero, quartier financier animé de Buenos Aires, Fernanda Díaz, 42 ans, dirige une entreprise de location de yachts et se montre satisfaite des orientations prises. « Dans mon petit cercle, tout le monde est content de la façon dont les choses se déroulent », confie-t-elle à l’agence AP. Elle salue notamment la déréglementation de l’achat et de la vente de dollars ainsi que les efforts pour attirer les investissements étrangers.
À l’inverse, de l’autre côté de la rivière Riachuelo, dans un quartier plus populaire, la réalité est tout autre. Verónica Leguizamón, 34 ans, peine à remplir son garde-manger. « Avant, nous pouvions choisir quoi cuisiner, explique-t-elle à la même agence de presse. Maintenant, nous dépendons des autres pour savoir si nous allons manger ou non. » Cette situation contrastée, où deux réalités coexistent à moins de deux kilomètres l’une de l’autre, illustre la polarisation qui traverse la société argentine.
Les bureaux de vote resteront ouverts jusqu’à 18h00, heure locale (22h00 CET), et les premiers résultats sont attendus environ trois heures plus tard. Ce scrutin est considéré par la présidence comme une étape clé. « Le bon résultat, c’est celui qui me permet d’obtenir un tiers pour défendre les mesures du gouvernement », a affirmé le président Milei dans les derniers jours de la campagne. L’espoir du président, soutenu par une aide financière américaine de 20 milliards de dollars, conditionnée à une victoire électorale, est que ces élections lui donnent la marge de manœuvre politique nécessaire pour confirmer sa politique.