Publié le 11 février 2026 à 10h22. Sous la pression des États-Unis, l’Ukraine envisage de tenir des élections présidentielles et un référendum sur un éventuel accord de paix avec la Russie, une initiative qui soulève de nombreuses questions logistiques et sécuritaires dans un contexte de guerre.
- Les États-Unis souhaitent une résolution du conflit russo-ukrainien d’ici juin 2026.
- L’Ukraine envisage d’organiser des élections présidentielles et un référendum sur la paix, potentiellement le 24 février 2026.
- La tenue de tels scrutins est compromise par la loi martiale en vigueur et les conditions de guerre.
Selon le Financial Times, Kiev a entamé les préparatifs pour des élections présidentielles et un référendum portant sur un possible accord de paix avec Moscou. Cette décision intervient dans un contexte de fortes pressions exercées par l’administration américaine, qui conditionne le maintien de son soutien à l’Ukraine à des avancées concrètes vers une résolution du conflit.
Washington, sous l’impulsion du président Donald Trump, aurait fixé au 15 mai comme date limite pour l’organisation de ces élections, sous peine de voir les garanties de sécurité américaines remises en question. Ces garanties, actuellement en négociation, ne prévoient pas, selon certaines sources, le déploiement de troupes américaines sur le sol ukrainien.
« Si les Russes tuent des gens chaque jour, comment peut-on annoncer ou envisager sérieusement des élections dans les prochaines semaines ? Personne n’est contre les élections, mais la sécurité doit être garantie. »
Source au sein du bureau présidentiel ukrainien, citée par l’agence Ukrinform
La loi martiale en vigueur en Ukraine interdit actuellement la tenue d’élections. De plus, la situation humanitaire et sécuritaire rendrait l’organisation d’un scrutin démocratique extrêmement difficile. Avec des millions de citoyens déplacés, des centaines de milliers de soldats mobilisés et près de 20 % du territoire ukrainien sous contrôle russe, la logistique et la légitimité d’un tel processus seraient fortement compromises.
Washington souhaite une issue au conflit cet été
Le Financial Times rapporte que l’Ukraine envisage d’organiser un vote sur un éventuel accord de paix avec la Russie en même temps que l’élection présidentielle. Les États-Unis exercent des pressions pour parvenir à un accord avec Moscou d’ici l’été. Le président Zelensky a déclaré, selon le journal, que la Maison Blanche souhaitait un calendrier précis pour la fin du conflit, notamment en vue des élections de mi-mandat américaines de novembre. Un accord de principe sur les garanties de sécurité américaines avait été trouvé précédemment, mais sans inclure le stationnement de troupes américaines.
Pour mettre fin aux hostilités, Moscou exige notamment la cession de territoires qu’elle n’a pas encore conquis. Une proposition rejetée par Volodymyr Zelensky et, selon les sondages, par la majorité de la population ukrainienne. Le Kremlin réclame également depuis longtemps le renversement du gouvernement ukrainien en place. Il reste à savoir si cette position évoluerait en cas de réélection de Zelensky.
Selon des responsables impliqués dans la planification, cités par le Financial Times, le président ukrainien envisage de présenter officiellement le projet d’élections présidentielles et de référendum le 24 février 2026, date anniversaire du début de l’invasion russe. « Les Ukrainiens sont fermement convaincus que tout cela doit être lié à la réélection de Zelensky », aurait déclaré un responsable occidental.