Publié le 2025-10-21 12:36:00. Alors que la nostalgie des années 60 s’estompe, le cinéma américain explore de nouvelles avenues, parfois maladroites, pour évoquer les époques révolues, comme le montre la critique du film Walk Hard: The Dewey Cox Story, et se tourne vers les icônes du passé avec de nouveaux projets.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que Walk Hard: The Dewey Cox Story, sorti en 2007, ne fait pas dans la finesse. Ce film, qui se veut une parodie de biographie musicale, oscille entre le tellement mauvais que c’en est presque bon et un vide navrant. Si une chanson comme « You’ve Got to Love Your Negro Man » peut prêter à sourire, cela dépend largement du regard que l’on porte sur les questions raciales. Le film semble résonner comme une transmission tardive de la génération X aux baby-boomers, s’inscrivant dans la lignée des comédies hollywoodiennes déjantées post-années 1960. Drogues, pets, sexe et clichés s’entremêlent, abordant aussi bien la question raciale que la musique rock.
En 2007, à l’époque de la sortie du film Across the Universe, alors que George W. Bush venait d’être réélu, un slogan avait fait rire : « Nous pouvons mettre fin aux années 60 de votre vivant ». Près de vingt ans avant que Walk Hard ne dépeigne sa version macabre de la rébellion des baby-boomers, la question de la fin de la nostalgie des années 1960 se posait. Ces deux films ont finalement confirmé que cette ère était révolue, bien que de manière discutable. Il faut noter qu’Across the Universe, malgré une mise en scène souvent réussie, propose une vision très convenue et empreinte de l’aura Time-Life de la contre-culture. Son échec au box-office a d’ailleurs suggéré que le public n’était plus enclin à revisiter cette période.
Walk Hard s’inscrit dans un étrange vide culturel. La nostalgie des baby-boomers semblait éteinte, mais cette parodie de biographies musicales ne trouvait pas de film rock auquel se mesurer. Les Doors ? Et quoi d’autre ? Le personnage de Dewey Cox s’apparente davantage à un artiste country-rockabilly, dans la lignée de films comme La Bamba, Great Balls of Fire! ou The Buddy Holly Story. Si l’on voulait vraiment illustrer la persistance des excès de cette génération, il aurait été plus judicieux de se concentrer sur des figures comme Oliver Stone et Jim Morrison, avec des clins d’œil à des œuvres comme Wall Street, et d’employer des procédés visuels audacieux. Mais nous sommes loin de 2007, et les baby-boomers ne sont plus que quelques figures vieillissantes. Pour le grand public, cette vague culturelle est oubliée, remplacée par une génération plus grincheuse. Si les baby-boomers s’adonnent encore à des excès, c’est désormais par le biais de la sphère politique.
Les Beatles, un espoir de renouveau ? Sam Mendes projette de réaliser quatre films sur les Beatles, chacun explorant l’histoire du groupe à travers le regard d’un de ses membres. On peut espérer que l’amour pour le groupe ait survécu à la nostalgie des années 1960. Y a-t-il suffisamment d’enthousiasme pour soutenir quatre longs-métrages ? Hollywood semble le croire, et cette perspective offre une lueur d’espoir. Dans une période où l’ordre constitutionnel semble vaciller, ces films pourraient constituer une belle célébration d’une époque qui a marqué l’histoire. Ou bien, ils pourraient se révéler être un projet monumental et coûteux à l’issue incertaine. L’idéal serait que ces œuvres apportent un éclairage nouveau et pertinent sur l’héritage des Beatles. Quant à moi, je ne reverrai pas Walk Hard, me contentant de retrouver « You’ve Got to Love Your Negro Man » sur YouTube.