Publié le 21 février 2024 14:34:00. La Virginie-Occidentale poursuit Apple pour avoir permis à sa plateforme iCloud de devenir un refuge pour du matériel pédopornographique, accusant l’entreprise de privilégier la confidentialité des utilisateurs au détriment de la protection des enfants.
- Le procureur général de Virginie-Occidentale a intenté une action en justice contre Apple, alléguant que l’entreprise a sciemment facilité la distribution et le stockage de matériel d’abus sexuel sur des enfants (CSAM).
- La plainte souligne un contraste frappant avec les efforts de signalement de CSAM effectués par d’autres géants technologiques comme Google et Meta.
- Apple aurait reconnu en interne être la « plus grande plateforme de distribution de pornographie juvénile » sans prendre de mesures significatives pour y remédier.
La Virginie-Occidentale a engagé des poursuites judiciaires contre Apple, accusant l’entreprise de ne pas signaler le matériel d’abus sexuel sur des enfants et de permettre à sa plateforme iCloud de servir de refuge pour ce type de contenu illégal. Le procureur général JB McCuskey a annoncé cette action en justice lors d’une conférence de presse tenue jeudi à Charleston.
Selon la plainte, Apple a délibérément choisi de ne pas mettre en œuvre des outils de détection conformes aux normes de l’industrie, préférant invoquer la vie privée de ses utilisateurs plutôt que de protéger les enfants. McCuskey a souligné que le cryptage de bout en bout utilisé par iCloud, contrairement à celui de ses concurrents, empêche les forces de l’ordre de localiser ces images et d’identifier les personnes qui les diffusent.
« La base de notre plainte aujourd’hui est que le matériel explicitement sexuel sur des enfants, appelé CSAM, peut être hébergé et transféré dans le système iCloud crypté de bout en bout d’Apple d’une manière qui s’écarte de celle de ses concurrents sur le marché, d’une manière qui élimine la capacité des forces de l’ordre à trouver ces images et à trouver les personnes qui les font proliférer. »
JB McCuskey, procureur général de Virginie-Occidentale
Le procureur général a présenté des messages internes d’Apple qui, selon lui, démontrent que l’entreprise était consciente de son rôle dans la diffusion de pornographie juvénile. Il a dénoncé comme « absolument inexcusable » le fait de privilégier la confidentialité des prédateurs d’enfants.
La plainte déposée devant la Circuit Court du comté de Mason, est la première de ce type intentée par un gouvernement contre Apple pour distribution de matériel pédopornographique. Elle réclame des dommages-intérêts, une injonction obligeant Apple à mettre en place des mesures de détection efficaces, et une refonte de la conception de ses produits pour garantir une meilleure sécurité.
Les chiffres révèlent un écart significatif dans les efforts de signalement de CSAM. En 2023, Apple n’a effectué que 267 signalements au Centre national pour les enfants disparus et exploités, tandis que Google en a soumis 1,47 million et Meta plus de 30,6 millions.
Le bureau du procureur général a souligné que la loi fédérale exige de toutes les entreprises technologiques basées aux États-Unis qu’elles signalent les CSAM détectés. McCuskey a également mis en garde sur la vulnérabilité particulière des enfants de Virginie-Occidentale, notamment ceux issus de familles fragilisées ou ayant vécu des expériences difficiles.
Contacté par les médias, Apple n’a pas répondu aux sollicitations.
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