Publié le 2025-11-07 09:23:00. Le président américain Donald Trump a affirmé que la force internationale destinée à stabiliser Gaza pourrait être déployée « très prochainement », alors qu’un projet de résolution soutenant ce plan a été soumis à l’ONU.
- Une force multinationale, potentiellement composée de troupes égyptiennes, qataries, turques et émiraties, est envisagée pour Gaza.
- Le plan vise à former des policiers palestiniens, sécuriser les zones frontalières et empêcher le trafic d’armes vers le Hamas.
- Malgré ces annonces, la situation humanitaire à Gaza reste critique, avec des pénuries alarmantes de médicaments et de fournitures médicales.
Donald Trump a exprimé son optimisme quant à la mise en place imminente d’une force internationale à Gaza, un projet clé de son administration pour mettre fin au conflit. « Cela arrivera très bientôt. Les choses se passent bien à Gaza », a déclaré le président américain lors d’un dîner à la Maison Blanche, répondant à une question sur le déploiement de cette force multinationale.
Cette force, dont la composition exacte reste à préciser mais qui pourrait inclure des contingents égyptiens, qataris, turcs et émiratis, est destinée à superviser la sécurité dans la bande de Gaza. Son mandat inclurait la formation et la vérification de policiers palestiniens, avec le soutien de l’Égypte et de la Jordanie. Elle aurait également pour mission de sécuriser les frontières et de contrecarrer la contrebande d’armes vers le Hamas. « Nous avons des pays qui se sont portés volontaires s’il y avait un problème avec le Hamas », a ajouté M. Trump, suggérant une coopération internationale accrue.
Mercredi, les États-Unis ont officialisé leur démarche en soumettant au Conseil de sécurité de l’ONU un projet de résolution visant à obtenir le feu vert pour le déploiement de cette force internationale. Mike Waltz, ambassadeur américain auprès des Nations Unies, a partagé ce projet avec dix membres élus du Conseil ainsi qu’avec des partenaires régionaux clés tels que l’Égypte, le Qatar, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et la Turquie. Toutefois, aucune date n’a encore été fixée pour un vote.
Selon des sources diplomatiques, plusieurs nations ont manifesté leur intérêt pour participer à cette force, mais conditionnent leur engagement à une autorisation formelle du Conseil de sécurité avant tout déploiement dans les territoires palestiniens. Le commandant du Commandement central américain avait déjà précisé le mois dernier, lors d’une visite à Gaza, qu’aucune troupe américaine ne serait déployée dans la bande. L’envoyé du président américain au Moyen-Orient, Steve Witkoff, a par ailleurs souligné l’espoir que « le Hamas tienne sa promesse de désarmer », dans le cadre d’un plan de développement pour Gaza jugé « merveilleux et meilleur que n’importe quel plan précédent ».
Parallèlement à ces initiatives diplomatiques, la situation sur le terrain demeure tendue. L’armée israélienne a été accusée de violer l’accord de cessez-le-feu. Ce vendredi, des bombardements israéliens ont blessé un enfant dans le quartier d’Al-Shujaiya, à l’est de Gaza. Des opérations de bombardement et des raids ont également eu lieu dans diverses zones de la bande. De plus, des véhicules de démolition israéliens auraient détruit des habitations au sud-est de Khan Yunis, dans le sud de Gaza, zone qui aurait également fait l’objet de tirs d’artillerie.
La crise humanitaire à Gaza s’aggrave, affectant particulièrement le secteur de la santé. Les pénuries atteignent des niveaux critiques : 56% pour les médicaments, 68% pour les fournitures médicales et 67% pour les équipements de laboratoire. Les interventions chirurgicales sont gravement impactées, avec une pénurie de 83% pour les chirurgies orthopédiques, un arrêt complet (100%) des chirurgies à cœur ouvert, et des déficits de 80% pour les services de dialyse et les stabilisateurs osseux. Les quelques livraisons de médicaments et de matériel survenues l’année dernière n’ont couvert qu’une infime partie des besoins réels. De surcroît, l’obtention de permis israéliens pour l’entrée de marchandises par les commerçants et les organisations internationales entraîne des retards ou des rejets fréquents, accentuant le manque de fournitures vitales depuis plus de deux ans.