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Why RiyadhGate Spells Bigger Problem for Trump-Era Comics

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Le nez de clown, on le met ou on le retire ? C’est la question qui agite aujourd’hui nombre d’humoristes, confrontés à un nouvel équilibre complexe entre l’art du rire et les impératifs de la scène publique.

Loin d’une simple résurgence de la « Cancel Culture », c’est un « étrange nouveau respect » qui s’est abattu sur les comédiens, une reconnaissance qui s’accompagne cependant de conditions strictes. Prenez Bill Burr, l’un des nombreux humoristes pris à partie par ses fans et confrères suite à sa participation au récent Festival de Comédie de Riyad, en Arabie Saoudite. Cet artiste réputé pour son franc-parler fait partie de cette nouvelle garde qui défie ce qu’ils perçoivent comme une orthodoxie « woke », et qui, paradoxalement, prospère.

La question qui taraude : pourquoi monnayer son talent auprès d’un régime dont les pratiques étouffent la liberté d’expression ? Des figures comme Aziz Ansari ont essuyé des critiques similaires, interpellé à ce sujet par Jimmy Kimmel lors de son émission. Bill Burr, lui, a répliqué avec sa fougue habituelle, qualifiant ses détracteurs de « sanctimonieux connards ». Jessica Kirson, comédienne ouvertement lesbienne, a opté pour une autre voie : elle a tardivement remboursé sa rémunération pour sa participation à l’événement, une démarche significative compte tenu du bilan peu glorieux de l’Arabie Saoudite en matière de droits des personnes LGBTQ+.

Parmi les autres humoristes qui ont accepté la rémunération et semé l’hilarité, on retrouve Dave Chappelle, Andrew Schulz, Jo Koy, Mark Normand, Louis C.K., Kevin Hart, Whitney Cummings, Jim Jefferies, Sebastian Maniscalco, Tom Segura et Jeff Ross. Marc Maron et David Cross, souvent critiques envers leurs pairs, n’ont pas manqué de fustiger ceux qui ont foulé la scène du festival saoudien. Soudain, encaisser un chèque conséquent ne semble plus aussi simple qu’auparavant.

Alors, que faire ? Et surtout, pourquoi impose-t-on soudainement aux humoristes des normes plus élevées ?

L’effet Trump

À gauche comme dans les médias traditionnels, on a volontiers mis en avant tout humoriste capable de décocher des flèches au président. Rappelons la consternation médiatique lorsque CBS, lassée de perdre environ 40 millions de dollars par an, a mis fin à « The Late Show » de Stephen Colbert. L’incident semblait mineur comparé à la couverture enflammée suite à la brève suspension de Jimmy Kimmel. Sa décision d’avoir relayé des propos sur Charlie Kirk, les a-t-il jugés amusants ou était-ce une tentative désespérée de marquer un point partisan coûte que coûte ?

À l’inverse, souvenons-nous de la presse qui s’est acharnée sur Jimmy Fallon pour son interview décontractée de Donald Trump en 2016. Depuis, Fallon s’est montré un critique constant de Trump, accordant un « passe-droit » de quatre ans à l’administration Biden/Harris. Les médias ne manquent pas non plus de relayer chaque sketch anti-conservateur proposé par « Saturday Night Live ».

Cette logique de récompense explique en partie le virage ostensiblement à gauche de nombreux humoristes après la campagne présidentielle de 2016. Les retombées médiatiques ont élevé les blagues de monologue au rang de marqueurs culturels, suggérant une importance dépassant la simple vocation à faire rire.

Les résultats de l’élection présidentielle de 2024 n’ont fait qu’intensifier ce climat, mais avec une tournure inattendue. Des commentateurs ont attribué aux humoristes comme Joe Rogan, Tim Dillon, Tony Hinchcliffe et Andrew Schulz une part de la victoire électorale de Trump. Ces podcasteurs avaient accueilli Trump ou le futur vice-président J.D. Vance, leur posant des questions pour le moins complaisantes. Cela a permis à l’équipe de campagne de Trump d’atteindre une démographie jeune et masculine, qui a voté MAGA en nombre supérieur aux attentes. Ainsi est née l’élection du podcast.

Les médias traditionnels ont tenté de transformer les commentaires de Hinchcliffe sur Porto Rico, fin 2024, en un nouveau scandale type « Grab ’em by the you-know-what » pour Trump. Cet effort n’a pas pris en compte le fait que le vent culturel n’était plus dans leur voile. Néanmoins, chaque intervention de Rogan prend désormais une dimension politique accrue. S’il remet en question des politiques « trumpiennes », les journalistes des médias établis se précipitent pour relayer l’information. Pour être justes, les commentateurs conservateurs ont agi de même chaque fois que Rogan épinglait le déclin cognitif du président Joe Biden.

Les humoristes se retrouvent ainsi dans une posture délicate, cherchant à concilier les rires traditionnels et les déclarations politiques percutantes. Certains espèrent qu’une punchline bien placée peut influencer le débat public. D’autres semblent savourer ce statut d’influenceur renforcé. Et, comme trop souvent, le rire s’en trouve relégué au second plan. Quelqu’un trouve-t-il la tirade de Burr sur « Free Luigi » réellement drôle ? Pourquoi le terme « clapter » résonne-t-il autant ?

Le nez de clown, on le met ou on le retire ? Cette formule s’appliquait autrefois surtout à Jon Stewart, l’ancien animateur du « Daily Show ». Cet imitateur-journaliste naviguait entre le bouffon de cour et le journaliste engagé, selon ce qui servait ses intérêts partisans. Contester ses faits ou sa logique ? Eh bien, « je ne suis qu’un comique » (nez de clown enfilé). Même Bill Maher, l’un des meilleurs satiristes du moment, recourt à cette défense lorsqu’il est acculé.

Certains comédiens semblent de plus en plus mal à l’aise avec cette « nouvelle norme ». Burr est visiblement agacé de devoir se justifier pour avoir accepté un engagement humoristique et a réagi avec irritation lorsqu’un journaliste l’a interrogé sur ses propos politiques tenus plus tôt cette année. Kirson, quant à elle, a décliné l’offre, anticipant le remboursement ultérieur de ses gains.

Theo Von, suite à un épisode de détresse sur scène, a assuré à ses fans qu’il n’avait aucune intention de se suicider. Rogan s’engage désormais plus directement avec l’actualité politique, se contredisant parfois au passage.

D’autres humoristes se délectent de cet « étrange nouveau respect ». Où seraient Colbert et Kimmel sans une presse acquise et des fans attendant leur prochaine, et prévisible, blague sur Trump ? Les médias ont presque concédé que le premier Emmy de Colbert le mois dernier n’était qu’un lot de consolation pour la perte de son emploi.

Pour d’autres, comme Von, Burr, Rogan et Kirson, il s’agit de naviguer prudemment dans ces eaux mouvantes. On peut parier que beaucoup d’autres font de même, mais en silence.

Cette transition culturelle présente un danger réel, du moins pour la crédibilité des humoristes. La satire politique est un art noble, fort d’une riche tradition. Pensons à Lenny Bruce, George Carlin, Bill Hicks et Dick Gregory. Les meilleurs d’entre eux n’ont jamais sacrifié le rire. Ils faisaient leurs recherches, assurant la pertinence de leurs blagues – un élément crucial de l’humour politique.

Les propagandistes comme Colbert et Kimmel échouent souvent lamentablement à ce test. Kimmel a récemment affirmé à son public que l’Antifa n’existait pas, tandis que Colbert a déclaré que les Démocrates ne souhaitaient pas dépenser notre argent pour les soins de santé des immigrants illégaux. Ni drôle, ni exact.

Ces humoristes politiques savourent peut-être leur visibilité accrue à l’ère Trump. S’ils continuent de confondre les talking points avec les punchlines, ils feront face à des publics de plus en plus clairsemés. Et cela, ce n’est absolument pas drôle.

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