Home Économie Workday a perdu 40 milliards de dollars en valeur. Un fondateur est de retour avec un pari de 139 millions de dollars qu’il peut renverser la situation

Workday a perdu 40 milliards de dollars en valeur. Un fondateur est de retour avec un pari de 139 millions de dollars qu’il peut renverser la situation

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Publié le 13 février 2026 06:05:00. Face à la méfiance des investisseurs et aux défis posés par l’intelligence artificielle, le géant des logiciels de gestion des ressources humaines Workday a rappelé son cofondateur, Aneel Bhusri, aux commandes, assorti d’une rémunération potentielle de près de 140 millions de dollars.

  • Le retour d’Aneel Bhusri au poste de PDG s’accompagne d’un package de rémunération conséquent, largement lié à la performance de l’action Workday.
  • La panique autour de l’IA a érodé la valeur boursière de Workday, qui a perdu près de la moitié de sa capitalisation en quelques semaines.
  • Workday mise sur l’expérience de son fondateur pour naviguer dans un secteur technologique en pleine mutation et regagner la confiance des investisseurs.

Workday, éditeur de logiciels de ressources humaines, a annoncé le retour de son cofondateur, Aneel Bhusri, au poste de PDG. Cette décision intervient dans un contexte de forte volatilité pour les entreprises du secteur technologique, particulièrement celles spécialisées dans les logiciels en tant que service (SaaS), confrontées à la méfiance des investisseurs face à l’essor de l’intelligence artificielle. Le retour de Bhusri est perçu comme une tentative de stabiliser l’entreprise et de redéfinir sa stratégie à l’ère de l’IA.

Pour convaincre Bhusri de reprendre les rênes, Workday lui propose une rémunération totale de 138,8 millions de dollars (environ 127 millions d’euros), comprenant une partie en numéraire et une part importante en actions. Plus de la moitié de cette somme, soit 75 millions de dollars, est conditionnée à l’atteinte d’objectifs de cours boursiers non divulgués sur les cinq prochaines années. Les 60 millions de dollars restants, sous forme d’actions restreintes, seront acquis sur une période de quatre ans, sans condition de performance spécifique. Cette structure de rémunération témoigne, selon les analystes, du pessimisme ambiant concernant les perspectives des entreprises SaaS.

La valeur de Workday a considérablement diminué ces dernières semaines, reflétant les inquiétudes du marché concernant l’impact de l’IA sur le secteur. En deux semaines, l’entreprise a perdu environ 40 milliards de dollars de capitalisation boursière, son cours de l’action chutant de 51 % pour atteindre environ 150 dollars (environ 138 euros), contre un pic de 311,28 dollars il y a moins de deux ans. D’autres acteurs majeurs du secteur SaaS, tels que Salesforce, ServiceNow et HubSpot, ont également subi des baisses significatives de leurs cours de bourse.

Dans une publication sur LinkedIn, Aneel Bhusri a déclaré : « L’IA remodèle la façon dont le travail est effectué et représente une transformation encore plus importante que le passage au cloud il y a 20 ans. Tout comme nous avons contribué à redéfinir les logiciels d’entreprise lorsque nous avons fondé Workday, je pense que nous pouvons à nouveau ouvrir la voie à l’ère de l’IA. »

Le retour de Bhusri est d’autant plus significatif qu’il a déjà occupé le poste de PDG de Workday par le passé, avant de le partager avec Luciano « Chano » Fernández en 2020, puis de passer la main à Carl Eschenbach en 2022. Au cours des deux dernières années, en tant que président du conseil d’administration, Bhusri a vu sa participation dans l’entreprise chuter de 2,6 milliards de dollars à environ 1,3 milliard de dollars (environ 1,2 milliard d’euros), soit une perte de 1,3 milliard de dollars sur le papier.

Workday dispose d’un avantage concurrentiel grâce à ses 20 années de données et d’expérience dans le domaine des ressources humaines, ce qui lui permet d’offrir des solutions d’analyse de données de niveau entreprise à ses clients. La structure d’actions à deux classes de l’entreprise confère aux cofondateurs, Aneel Bhusri et Dave Duffield, un contrôle majoritaire des droits de vote, avec 68 % des droits de vote entre leurs mains. Cette structure leur assure une influence prépondérante sur les décisions stratégiques de l’entreprise.

Récemment, Workday a annoncé plusieurs plans de licenciements, affectant des milliers d’emplois, dans le cadre d’une restructuration visant à améliorer la rentabilité et à s’adapter aux nouvelles réalités du marché. Malgré une croissance continue de son chiffre d’affaires (8,4 milliards de dollars pour l’exercice 2025, en hausse de 16 %), le rythme de cette croissance a ralenti, notamment en ce qui concerne les revenus d’abonnement.

Carl Eschenbach, l’ancien PDG, a démissionné de toutes ses fonctions et occupera désormais le poste de conseiller principal. Il a reçu une indemnité de départ d’environ 3,6 millions de dollars (environ 3,3 millions d’euros) et l’acquisition accélérée d’actions. Son « score de sortie », une évaluation indépendante de ses conditions de départ, est élevé, suggérant qu’il a pu être incité à quitter ses fonctions.

Dans un message publié sur LinkedIn, Carl Eschenbach a salué le retour d’Aneel Bhusri et a exprimé sa confiance dans sa capacité à mener Workday vers l’avenir.

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