Au cœur du Championnat du monde de snooker, le maigre revenu des arbitres contraste fortement avec les gains des joueurs, une réalité illustrée par le parcours de Ben Woollaston et le souvenir de Len Ganley.
Alors que le World Snooker Tour maintient le sujet de la rémunération sous le sceau de la confidentialité, le quotidien des officiels de snooker révèle une réalité économique bien différente de celle des ténors du sport. Pour certains, ce rôle est une profession à temps plein, synonyme de voyages incessants à travers le monde. En complément des tournois officiels, les arbitres peuvent arrondir leurs fins de mois en supervisant des matchs d’exhibition, une pratique lucrative depuis l’âge d’or du snooker dans les années 1980.
À cette époque, des figures comme Len Ganley jouissaient d’une popularité quasi équivalente à celle des meilleurs joueurs. Son fils, Mike Ganley, actuel directeur de tournoi au World Snooker Tour, témoigne : « Len gagnait bien sa vie grâce aux exhibitions car, pour une raison ou une autre, il avait une présence, un ego et une personnalité qui allaient avec. » Cette notoriété était un atout indéniable.
Il est largement admis que le salaire de base d’un arbitre reste modeste, surtout en comparaison des gains des joueurs professionnels. On peut affirmer sans risque de se tromper que les gains de Ben Woollaston lors de ce Championnat du monde dépasseront largement le revenu annuel d’un arbitre, et ce, même après 17 jours de compétition. Atteindre le deuxième tour lui assure déjà une prime minimale de 30 000 livres sterling (environ 35 000 euros), tandis que le vainqueur repartira avec 500 000 livres (près de 590 000 euros).
Ce vendredi, le plan de Ben Woollaston était simple : se reposer au maximum afin d’être frais pour son match du tour suivant face au Chinois Si Jiahui, prévu le samedi. On l’a aperçu, aux côtés de Tatiana et Edward, regagnant leur hôtel vers 1h du matin (heure de Paris). Si Ben et Edward ont pu profiter d’une grasse matinée, Tatiana, elle, n’a pas eu ce répit. Elle a repris le travail sans tarder, arbitrant la deuxième session du match de deuxième tour opposant Mark Allen à Chris Wakelin. Cette rencontre a débuté à 10h du matin (heure de Paris) et a été le théâtre d’un moment potentiellement marquant dans sa carrière : elle a validé le 147ème break maximum de Mark Allen dans l’histoire du Championnat du monde, une réalisation exceptionnelle.
Jusqu’à présent, Sheffield semble réussir aux Woollaston.