Publié le 17 octobre 2025 18:13:00. Face à une persistance de la lèpre dans certaines régions, le ministère indonésien de la Santé redouble d’efforts pour éradiquer la maladie d’ici 2030. Des chercheurs de l’Université d’Airlangga se penchent sur les facteurs déterminant sa propagation, notamment dans l’Est de Java, province la plus touchée.
- Le gouvernement indonésien cible 111 districts et villes pour l’élimination de la lèpre d’ici 2030.
- L’Est de Java enregistre le plus grand nombre de cas, avec 2 124 sur les 7 166 cas nationaux recensés en 2023.
- Une étude universitaire analyse les causes de cette répartition géographique à l’aide de méthodes de régression spatiale.
La lutte contre la lèpre, maladie infectieuse chronique causée par le bacille de Hansen, mobilise le ministère de la Santé indonésien. L’objectif est d’atteindre l’élimination de la maladie dans 111 districts et villes du pays d’ici 2030. Cette initiative ambitieuse exige une collaboration renforcée entre les autorités centrales et locales, ainsi qu’une coordination entre les secteurs de la santé et des affaires sociales.
La lèpre, bien que traitable, peut entraîner des séquelles permanentes si elle n’est pas diagnostiquée et prise en charge rapidement. Les atteintes peuvent concerner la peau, les nerfs périphériques, les membres et les yeux, provoquant des handicaps parfois sévères. En 2023, l’Indonésie comptait 7 166 cas de lèpre, dont une part significative, 2 124 cas, a été recensée dans la province de l’Est de Java. Cette concentration géographique souligne la nécessité d’actions ciblées dans cette région.
Pour mieux comprendre les mécanismes de propagation de la lèpre dans l’Est de Java, des chercheurs de l’Université d’Airlangga ont entrepris une analyse approfondie. Leur étude s’appuie sur des techniques de régression spatiale, notamment le modèle de décalage spatial (SLM) et le modèle d’erreur spatiale (SEM). Ces approches sont particulièrement adaptées pour appréhender l’autocorrélation spatiale, c’est-à-dire l’influence des cas observés dans une zone sur les zones adjacentes. La méthode utilise une matrice de pondération basée sur la contiguïté des « reines », considérant comme voisines les régions partageant une frontière commune, qu’elle soit latérale ou d’angle.
Les données collectées par l’Agence centrale des statistiques (BPS) en 2023 pour les 38 districts et villes de l’Est de Java ont servi de base à cette recherche. Les variables étudiées incluent, outre le pourcentage de cas de lèpre par district, des facteurs socio-économiques et sanitaires tels que la densité de population, l’accès à des installations sanitaires adéquates, le taux de pauvreté, la durée moyenne de scolarisation et le ratio d’agents de santé par habitant.