Publié le 22 février 2026. L’Indonésie est confrontée à un défi majeur de fragmentation numérique : près de 27 000 applications gouvernementales fonctionnent de manière isolée, entravant l’efficacité des politiques publiques et la cohérence des données.
Le ministère indonésien de la Communication et des Affaires numériques a recensé en janvier 2026 environ 27 000 applications autonomes utilisées par les ministères et les agences, tant au niveau central que régional.
Selon Dyah Mutiarin, professeure de transformation gouvernementale numérique à l’Université Muhammadiyah de Yogyakarta, cette situation est préoccupante.
« Il s’agit d’un fait préoccupant quant au grand nombre d’applications gouvernementales qui fonctionnent de manière indépendante et ne sont pas intégrées. »
Dyah Mutiarin, professeure de transformation gouvernementale numérique
Elle souligne que cette fragmentation constitue une anomalie dans le contexte des efforts du gouvernement en faveur de la transformation numérique.
Avec un tel nombre d’applications, garantir un enregistrement cohérent des données, une convivialité optimale, une segmentation claire des utilisateurs et une connectivité système efficace s’avère difficile. Dyah Mutiarin met en garde contre les conséquences potentielles d’un tel écosystème fragmenté, notamment des normes de données incohérentes et des cloisonnements sectoriels persistants entre les différents organismes gouvernementaux.
L’interopérabilité, c’est-à-dire la capacité des systèmes à échanger et à utiliser des données avec précision, est devenue un élément essentiel pour l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes.
« Si les données ne sont pas interconnectées, l’analyse politique sera lente, imprécise et risquera fort de produire des décisions inexactes pour le public. »
Dyah Mutiarin, professeure de transformation gouvernementale numérique
Dyah Mutiarin insiste sur le fait que renforcer l’interopérabilité ne relève pas uniquement d’un défi technologique, mais également d’une question de gouvernance, de réglementation et de capacité institutionnelle. Elle estime que l’Indonésie doit évoluer vers une gouvernance prédictive, capable d’anticiper les besoins de la population grâce à une utilisation intégrée des données.
Elle explique que le gouvernement numérique doit évoluer vers une gouvernance basée sur les données, passant d’une approche réactive à une approche prédictive. Idéalement, le gouvernement devrait être en mesure d’anticiper les besoins de la société avant même que des demandes formelles ne soient formulées. Elle propose de développer des modèles de politiques de données prédictives, utilisant des données intégrées et de haute qualité pour projeter les principaux problèmes à venir sur une période de cinq à dix ans.
Dyah Mutiarin appelle également le gouvernement à cartographier les besoins en interopérabilité entre les différentes agences, en particulier au niveau régional. Cela implique d’examiner les types de données adaptés aux bases de données partagées, de renforcer la connectivité des systèmes et d’intégrer des outils d’analyse et d’intelligence artificielle dans les plateformes de données gouvernementales. Les résultats de cette cartographie pourraient servir de base au développement de systèmes de gouvernance des données intelligents.
Selon Dyah Mutiarin, un système intégré permettrait au gouvernement de formuler des politiques publiques plus efficaces et efficientes, fondées sur des données précises, améliorant ainsi la qualité des services publics.
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