Home International 3 clés pour comprendre les manifestations contre le gouvernement de Daniel Noboa qui paralysent l’Équateur

3 clés pour comprendre les manifestations contre le gouvernement de Daniel Noboa qui paralysent l’Équateur

0 comments 102 views

Publié le 2025-10-09 11:50:00. Les manifestations qui secouent l’Équateur depuis deux semaines s’intensifient. Mardi, une tentative d’assassinat présumée contre le président Daniel Noboa a marqué un nouveau pic de tensions, tandis que le gouvernement accuse des groupes terroristes, une allégation réfutée par les organisations indigènes qui dénoncent des violations des droits humains.

  • Cinq personnes ont été arrêtées suite à un incident où le président équatorien Daniel Noboa a échappé à une embuscade, le gouvernement évoquant une tentative d’assassinat.
  • Les experts peinent à confirmer que des tirs d’armes à feu ont visé le convoi présidentiel, privilégiant l’hypothèse de projectiles lancés à main nue.
  • La plus grande organisation indigène du pays, la Conaie, dénonce des détentions arbitraires et des violences policières, tandis que le gouvernement maintient sa position, poursuivant les suspects pour terrorisme.

Les manifestations, débutées le 18 septembre suite à la décision du gouvernement de supprimer les subventions sur le diesel, ont dégénéré en deux semaines de troubles majeurs. Cette mesure, censée économiser 1,1 milliard de dollars par an pour être réinvestis dans des programmes sociaux, fait craindre une flambée des prix pour les Équatoriens, particulièrement les petits agriculteurs, pêcheurs et communautés indigènes. Le prix du diesel devait passer de 1,80 $US à 2,80 $US le gallon, soit une augmentation de 56%. L’organisation indigène Conaie a réagi en appelant à une grève nationale « immédiate et illimitée », qui a entraîné des blocages routiers et des dégradations dans plusieurs régions. Deux anciens présidents ont déjà tenté de réformer ces subventions, mais avaient été contraints de reculer face à la pression populaire.

Face à l’ampleur des protestations, qualifiées de violentes par le pouvoir, le président Daniel Noboa a décrété l’état d’urgence dans sept provinces, puis étendu cette mesure à dix des vingt-quatre provinces du pays. Le droit de réunion a été suspendu pour soixante jours. Ces mesures ont été critiquées par les organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International. L’organisation a fait état d’« inquiétudes » face à une « détérioration de la protection des droits de l’homme en Équateur », citant des allégations d’usage excessif de la force, d’arrestations arbitraires, de poursuites judiciaires jugées abusives et de gel de comptes bancaires de leaders sociaux.

Au moins une personne est décédée durant les manifestations, Efraín Fuerez, membre de la communauté indigène de Cuicocha, selon la Conaie, mortellement blessé par une balle tirée par les forces armées, un point que les autorités n’ont pas confirmé. Près d’une centaine de personnes ont été arrêtées au total, dont au moins treize sont poursuivies pour terrorisme. Les forces armées ont affirmé que les manifestations étaient « infiltrées » par des « groupes terroristes », citant l’embuscade de douze soldats blessés alors qu’ils gardaient un convoi de nourriture comme preuve que la contestation n’était pas pacifique. La Conaie a fermement rejeté « le recours meurtrier à la force par les forces armées contre les membres des communautés indigènes ».

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.