Publié le 2025-10-09 16:44:00. Face à la décision de la Cour suprême américaine d’annuler le statut de protection temporaire (TPS) pour les Vénézuéliens, des organisations d’exilés demandent au président Donald Trump d’instaurer un nouveau délai de départ forcé pour éviter l’expulsion de centaines de milliers de personnes.
Les Vénézuéliens établis aux États-Unis craignent une expulsion massive suite à la récente décision de la Cour suprême américaine. Cette dernière a validé le pouvoir de l’administration Trump de mettre fin au Statut de Protection Temporaire (TPS) accordé aux ressortissants vénézuéliens, une mesure qui pourrait affecter quelque 600 000 personnes. En réponse, les organisations Veppex et Amavex ont adressé une requête à la Maison Blanche, sollicitant l’instauration d’un « départ forcé différé » (Deferred Enforced Departure – DED).
Cette demande vise à obtenir un sursis pour les Vénézuéliens présents sur le territoire américain avant le 6 octobre de cette année. Les organisations rappellent que Donald Trump avait déjà eu recours à cette mesure durant sa précédente présidence, en janvier 2021. L’instauration d’un nouveau DED permettrait de protéger temporairement ces migrants de l’expulsion et de garantir leur droit de travailler légalement pendant une période de 18 mois, potentiellement renouvelable.
Le « départ forcé différé » est présenté non pas comme un statut d’immigration, mais comme une protection humanitaire temporaire. Son objectif est d’empêcher le retour forcé de ressortissants de pays traversant des crises graves. Les Services de Citoyenneté et d’Immigration des États-Unis (USCIS) précisent que le président peut accorder le DED pour des motifs de politique étrangère ou de sécurité nationale, autorisant ainsi les bénéficiaires à travailler légalement aux États-Unis durant la période définie.
Veppex et Amavex soulignent les bénéfices d’une telle mesure : elle préserverait des vies en évitant des retours dans des conditions de grande insécurité, soutiendrait l’économie américaine en maintenant une main-d’œuvre qualifiée, et maintiendrait une pression diplomatique sur le régime de Nicolás Maduro, sans pour autant altérer la politique d’immigration de Washington.
Les organisations insistent sur la persistance de la crise humanitaire au Venezuela, marquée par une répression politique intense, des pénuries alimentaires et médicales, une hyperinflation galopante et l’effondrement des services publics de base. La lettre ouverte souligne également que plus de 7 millions de Vénézuéliens ont été contraints de fuir leur pays au cours de la dernière décennie.
La Floride, un bastion pour les migrants vénézuéliens
Selon l’agence EFE, près de 770 000 Vénézuéliens résident aux États-Unis, dont près de la moitié en Floride. Cet État revêt une importance particulière, tant sur le plan électoral que par la forte présence de communautés exilées vénézuéliennes.
Ces migrants jouent un rôle actif dans des secteurs clés tels que la santé, la construction, l’éducation et les services, affichant des taux d’emploi supérieurs à 70%. Les organisations affirment dans leur missive : « Nous apprécions l’engagement du président Trump en faveur de la sécurité nationale et de l’État de droit. Le DED représente une solution temporaire, responsable et compatissante, alignée sur les précédents de son administration et sur la tradition humanitaire des États-Unis ».
Qu’implique un départ forcé différé ?
Conformément aux informations officielles de l’USCIS, les personnes bénéficiant du DED ne peuvent être expulsées pendant la période fixée par la Maison Blanche. Elles peuvent également solliciter une autorisation de travail via le formulaire I-765.
Il n’est pas nécessaire de faire une demande pour bénéficier du DED, bien qu’un permis de travail soit requis pour exercer une activité professionnelle. Pendant la durée de cette protection, les bénéficiaires ne cumulent pas de présence illégale sur le territoire américain. Cependant, il est important de noter que le DED ne confère aucun statut d’immigration et ne garantit ni la résidence ni la citoyenneté future. Sa prolongation ou sa fin dépendent exclusivement de la décision du président.