L’intelligence artificielle s’impose de plus en plus comme un outil de décharge pour les professionnels de santé, mais cette dépendance naissante soulève des questions sur le bien-être psychologique et la préparation aux éventuelles pannes.
Selon une récente enquête, l’IA, notamment via des outils comme ChatGPT, contribue à réduire le sentiment d’épuisement professionnel chez 60 % des soignants. En automatisant les tâches administratives chronophages – documentation, prise de notes, communication avec les patients – elle allège considérablement la charge de travail. L’adoption est particulièrement rapide dans les cabinets privés, où 44 % des employés utilisent l’IA quotidiennement, contre 33 % dans l’ensemble du secteur de la santé. Pour ces structures de petite taille, l’IA représente souvent une ressource supplémentaire indispensable, qu’elles n’auraient pas pu se permettre d’embaucher.
Mais au-delà de l’efficacité, l’enquête révèle un phénomène plus troublant : une forme de dépendance affective. 14 % des personnes interrogées se disent « émotionnellement dépendantes » de l’IA, vérifiant compulsivement ses réponses ou ressentant de l’anxiété en cas d’indisponibilité. 47 % ont même utilisé ces outils pour un soutien émotionnel. Un nombre significatif, 27 %, a également admis avoir supprimé des messages ou des contributions par crainte d’être jugé ou par souci de confidentialité.
« L’IA est passée d’un logiciel de productivité à un confident numérique pour une minorité significative de la main-d’œuvre », souligne l’étude. Si 42 % des professionnels de santé connaissent les nouvelles mesures de protection mises en place par OpenAI en matière de santé mentale, moins de la moitié les jugent suffisantes pour protéger les utilisateurs vulnérables.
Parallèlement, l’intégration croissante de l’IA dans les flux de travail quotidiens crée une nouvelle vulnérabilité. 13 % des soignants estiment qu’une panne d’outil d’IA est plus stressante qu’un dysfonctionnement du dossier médical électronique (DME). 12 % la considèrent même plus perturbatrice que l’absence d’un collègue malade. Pourtant, à ce stade, seulement 27 % des organisations de santé disposent d’un plan de sauvegarde documenté en cas de défaillance de ces outils.