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3 leçons du biochimiste Jesús Ávila sur le vieillissement cérébral

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Publié le 2025-10-21 13:32:00. Ralentir le vieillissement du cerveau, c’est potentiellement ralentir celui du corps entier. Le professeur Jesús Ávila, expert mondial de la recherche sur Alzheimer, détaille les clés pour préserver nos fonctions cognitives et neuronales.

  • Le cerveau, gourmand en énergie, subit un vieillissement qui génère des problèmes neurodégénératifs.
  • Le mode de vie, aussi important que la génétique, impacte directement la santé cérébrale.
  • Entraîner son cerveau et maintenir une vie sociale active sont essentiels pour sa résilience.

Jesús Ávila, biochimiste et chercheur de renommée internationale dans le domaine de la maladie d’Alzheimer, met en lumière un lien fondamental : le vieillissement cérébral et le vieillissement général de l’organisme. « Le cerveau consomme 20 % de l’énergie corporelle pour seulement 2 % de sa masse. Avec l’âge, cette consommation devient disproportionnée, entraînant des dysfonctionnements neurodégénératifs et périphériques », explique-t-il. Bien qu’à la retraite depuis trois ans, le professeur Ávila, formé en Espagne et aux États-Unis, continue ses recherches sur la reprogrammation cellulaire au Centre de biologie moléculaire Severo Ochoa (UAM-CSIC).

Ses travaux, qui ont notamment éclairci le rôle des protéines Tau dans la dégénérescence neuronale, offrent des perspectives précieuses pour le grand public. Face au déclin cognitif et cérébral, il souligne l’importance capitale du mode de vie.

Le mode de vie compte autant que la génétique

Si les facteurs génétiques jouent un rôle dans notre vieillissement, Jesús Ávila insiste sur l’influence prépondérante de nos habitudes quotidiennes. « Ce que nous mangeons, notre activité physique, notre sommeil, nos interactions sociales… tout cela se répercute sur le fonctionnement de notre cerveau », affirme-t-il. Un mode de vie déséquilibré accélère l’altération cérébrale. Il préconise une vie plus sereine, loin des pressions compétitives excessives, et un sommeil suffisant.

Le spécialiste met également l’accent sur la régularité des cycles de sommeil, appelés rythmes circadiens. « À partir d’un certain âge, sortir et se coucher à 5 heures du matin peut être préjudiciable et causer de sérieux problèmes de santé », alerte-t-il. Il rappelle qu’il est possible de maintenir une vie sociale épanouie sans pour autant sacrifier son horloge biologique, en privilégiant des moments conviviaux à des heures plus raisonnables.

« Il est essentiel que le rythme circadien soit maintenu. Par exemple, à partir d’un certain âge, si vous dites : ‘je sors avec des amis et je vais me coucher à 5 heures du matin’, cela vous fait du mal. »

Jésus Avila

Vous pouvez entraîner le cerveau

À l’instar d’un muscle, le cerveau nécessite un entraînement régulier pour rester performant. « Apprendre de nouvelles choses, lire, jouer d’un instrument, converser, résoudre des problèmes… autant d’activités qui créent de nouvelles connexions neuronales », détaille le professeur. Si ces stimulations ne peuvent prévenir la maladie, elles peuvent en retarder les manifestations. Un cerveau plus actif se révèle ainsi plus résistant.

Les émotions occupent également une place centrale dans la santé cérébrale. Le stress chronique, la tristesse ou l’isolement peuvent accélérer le vieillissement du cerveau. « C’est pourquoi j’insiste sur l’importance de maintenir une vie sociale active et de prendre soin de sa santé mentale autant que de sa santé physique », martèle Jesús Ávila.

« Apprendre de nouvelles choses, lire, jouer d’un instrument, parler, résoudre des problèmes… tout cela crée de nouvelles connexions neuronales. »

Jésus Avila

Face à la détérioration cognitive, le neurologue

Dès l’apparition des premiers signes de détérioration cérébrale, une consultation médicale s’impose. « La première étape est de consulter un neurologue », recommande le spécialiste. Des analyses sanguines permettent désormais de mesurer certains marqueurs, comme la protéine TAU phosphorylée, et de détecter précocement un éventuel problème. Par la suite, il est possible d’agir en réduisant les facteurs de risque, notamment le stress, par des activités stimulantes pour le cerveau comme la lecture ou l’écoute de musique.

Au-delà de ces mesures, des approches thérapeutiques plus avancées existent. « Il y a ensuite des stratégies de reprogrammation pharmacologique et cellulaire, impliquant des peptides capables de traverser la barrière hémato-encéphalique pour activer des facteurs de rajeunissement », explique Jesús Ávila. Il mentionne également l’utilisation de sénolytiques, des médicaments visant à éliminer les cellules sénescentes qui, dysfonctionnelles, peuvent nuire à leur environnement.

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