Les marchés financiers : prudence de mise malgré une tendance haussière persistante
La bourse poursuit sa lancée haussière, portée par des résultats d’entreprises supérieurs aux attentes. Après avoir atteint son point le plus bas en octobre 2022, marquant la fin d’un marché baissier, les marchés ont entamé une nouvelle phase d’ascension qui perdure à ce jour. Cependant, cette embellie invite à une vigilance accrue, notamment en raison d’évaluations historiquement élevées, particulièrement outre-Atlantique.
Les marchés financiers, par nature cycliques, offrent parfois des opportunités audacieuses à ceux qui savent aller à contre-courant. L’auteur de ces analyses souligne avoir, en 2023 et 2024, mis en avant des périodes propices aux investissements, notamment la dernière année du cycle présidentiel américain, malgré des critiques ponctuelles reçues lors de ses analyses de 2023. Ces phases d’euphorie boursière sont généralement ponctuées de corrections naturelles, oscillant entre 5 et 10 %, un phénomène annuel attendu.
Néanmoins, la gestion du risque devient primordiale pour l’investisseur avisé. Le principal danger réside dans la possibilité d’une fin brutale du rallye des actions. La conjonction d’évaluations tendues, notamment aux États-Unis, et d’une euphorie ambiante alimentée par le phénomène de l’intelligence artificielle et le regain des « actions mèmes » (à l’image du cas Gamestop), laisse présager un risque de correction majeure.
Le marché obligataire, un allié inattendu
Face à cette situation, le marché obligataire pourrait se révéler être une source de réconfort. L’extrémité courte de la courbe des taux propose désormais des alternatives particulièrement attrayantes. Il est aujourd’hui possible d’investir sur des maturités de 1 à 3 ans avec des rendements à l’échéance non seulement positifs, mais souvent supérieurs à ceux que le marché actions pourrait offrir dans les mois à venir. Cette situation intervient après la phase de marché baissier la plus profonde jamais enregistrée pour les obligations.
Trois raisons majeures plaident en faveur d’une diversification vers les obligations :
- Discrétion des obligations : Le marché obligataire est actuellement peu médiatisé, signe d’un possible regain d’intérêt.
- Perception d’actifs de seconde zone : Les obligations sont souvent considérées comme des actifs moins performants, ce qui peut masquer leur potentiel.
- L’unicité des actions et cryptos : L’engouement exclusif pour les actions et les cryptomonnaies peut créer une fenêtre d’opportunité pour d’autres classes d’actifs.
Dans ces conditions, il est possible de trouver des obligations d’État, aux États-Unis comme en Europe, offrant des rendements bruts supérieurs à 5 % pour des échéances de 1 à 3 ans. Tactiquement, cela permet de réduire l’exposition aux actions tout en maintenant un rendement attractif, même en termes réels.
Cette stratégie offre également une flexibilité appréciable. Dans trois ans, si le marché entrait dans une nouvelle phase baissière, les fonds récupérés grâce à l’échéance des obligations seraient disponibles pour saisir de nouvelles opportunités. Bien sûr, cela implique un coût d’opportunité si le marché actions venait à poursuivre sa hausse. Cependant, compte tenu des valorisations actuelles et du contexte, cette approche prudente pourrait s’avérer judicieuse.