Publié le 2 novembre 2025. La police nationale indonésienne a mis au jour un vaste réseau d’extraction de sable illégale opérant sur 312 hectares du parc national du Mont Merapi. L’ampleur du préjudice financier, estimé à 3 000 milliards de roupies sur deux ans, soulève des inquiétudes quant aux pertes pour l’État.
- Plus de 30 sites d’extraction et de stockage de sable non autorisés ont été identifiés dans la région de Magelang.
- L’enquête, lancée fin octobre 2025, progresse avec l’interrogatoire de sept témoins.
- Les responsables encourent des peines allant jusqu’à 5 ans de prison et 100 milliards de roupies d’amende.
Les forces de l’ordre ont découvert l’ampleur de cette activité illicite, qui s’étendait sur près de 5 % de la superficie totale du parc national du Mont Merapi, soit 312 hectares sur les 6 607 que compte la zone protégée. Le général de brigade Mohammad Irhamni, directeur des actes criminels spécifiques de la police nationale, a révélé l’existence de 36 sites d’extraction et de 39 dépôts de sable clandestins répartis sur cinq sous-districts de la régence de Magelang. Ces découvertes font suite à une enquête débutée le mercredi 29 octobre 2025, qui a rapidement été élevée au rang d’enquête officielle deux jours plus tard.
Lors d’une visite sur l’un des sites miniers, dans le sous-district de Srumbung, la police a retrouvé cinq pelleteuses immobilisées. Bien que les opérations aient cessé, les stigmates de l’exploitation, tels que des déblais massifs et des glissements de terrain, restaient encore très visibles. L’accès à ce site, situé dans le village de Ngablak, se faisait via des pistes traversant des plantations locales de salak (fruit du dragon).
Les auteurs présumés de ces activités font face à des accusations en vertu des articles 158 et 161 de la loi sur les mines et le charbon. La peine maximale encourue est de cinq ans d’emprisonnement, assortie d’une amende de 100 milliards de roupies (environ 6,5 millions d’euros). Selon les autorités, cette exploitation illégale durerait depuis environ deux ans. Les efforts pour y mettre un terme auraient été initialement compliqués par la résistance de certains résidents locaux impliqués dans ces activités, ce qui a conduit la police nationale à prendre en charge ce dossier de grande envergure.
Le préjudice financier généré par cette extraction de sable illégale est estimé par la police nationale à 3 000 milliards de roupies (environ 195 millions d’euros) sur les deux dernières années. Mohammad Irhamni a souligné que l’intégralité de ce chiffre représente une perte pour l’État, du fait de l’absence de reversements fiscaux et de bénéfices pour les communautés locales. L’affaire est désormais entre les mains des enquêteurs qui travaillent à l’identification et à la nomination des suspects.