Publié le 2025-10-07 15:41:00. Dans le cadre du Budget 2026, le gouvernement irlandais a annoncé une hausse du prix des cigarettes, tandis que les taxes sur l’alcool resteront inchangées. Cette mesure suscite des réactions mitigées parmi les associations de santé et les représentants des fumeurs.
- Une augmentation de 0,50 € sur les droits d’accise s’appliquera aux paquets de 20 cigarettes.
- Les taxes sur l’alcool, malgré les demandes du secteur, ne seront pas modifiées.
- Une taxe sur les e-liquides contenant de la nicotine entrera en vigueur début novembre.
Le ministre des Finances, Pascal Donohoe, a confirmé au Dáil que la hausse des droits d’accise sur le tabac sera appliquée « pro rata » pour les autres produits du tabac. Cette annonce intervient alors que le gouvernement s’est fixé pour objectif de réduire les taux de tabagisme à 5 % d’ici 2025, dans le cadre de la politique « Irlande sans tabac ». Actuellement, le taux de tabagisme s’élève à 17 %, laissant le pays loin de cet objectif.
La Irish Heart Foundation s’est dite déçue, estimant que l’augmentation est insuffisante pour avoir un impact significatif sur les habitudes des fumeurs irlandais. Chris Macey, responsable des campagnes pour l’organisation, a rappelé que les taxes sur le tabac sont reconnues mondialement comme un outil efficace pour encourager l’arrêt du tabac et dissuader les jeunes de commencer. L’association avait préconisé une augmentation de 1,55 € par paquet, portant le prix à 20 €, soit 1 € par cigarette, afin de lutter plus efficacement contre les 12 décès quotidiens attribués au tabagisme.
À l’inverse, le groupe Forest, représentant les fumeurs, a critiqué cette hausse, soulignant qu’elle portera le prix des paquets de cigarettes les plus populaires à près de 19 €. Selon le groupe, cette augmentation risque d’alimenter le marché noir et d’inciter davantage d’Irlandais à acheter leur tabac à l’étranger, pénalisant ainsi les détaillants locaux. Forest dénonce une mesure « injuste et contre-productive », qui frappe particulièrement les consommateurs les plus modestes.
Par ailleurs, une taxe de 0,50 € par millilitre sur les e-liquides contenant de la nicotine pour les cigarettes électroniques a été confirmée en septembre et entrera en vigueur le 1er novembre. Cette nouvelle taxe représentera un coût supplémentaire de 1 € pour une vape jetable standard de 2 ml et doublera le prix des bouteilles de liquide de 10 ml pour les vapes réutilisables, qui passeront de 5 à 10 €.
Malgré les sollicitations de l’industrie des boissons, qui souhaitait une réduction de 10 % de ses taxes, les droits d’accise sur l’alcool demeurent inchangés. Le secteur des boissons, qui supporte déjà certaines des taxes les plus élevées de l’Union européenne sur le vin et les spiritueux, a exprimé sa déception. Donall O’Keeffe, PDG de l’Association licenciée des aubergistes (LVA), a qualifié cette décision de « taxe sur la socialisation des gens », soulignant que les taxes existantes sur l’alcool sont déjà lourdes. L’association Alcohol Ireland avait plaidé pour une augmentation des droits d’accise de 15 % et une indexation minimale des prix sur l’inflation. Selon le Dr Sheila Gilheany, PDG d’Alcohol Ireland, le gel actuel des taxes d’accise signifie que leur valeur réelle a diminué d’au moins 15 % en raison de l’inflation, un « édulcorant » pour l’industrie de l’alcool que le gouvernement semble ignorer, contrairement à sa politique sur le tabac, alors même que le coût sociétal de l’alcool pour l’État est estimé être le double de celui du tabac.
Enfin, le ministre Donohoe a annoncé son intention de légiférer pour la mise en place d’une taxe sur les paris mutuels. Cette mesure vise à encadrer une activité actuellement limitée à deux entités, mais qui pourrait être étendue par la nouvelle autorité de régulation des jeux d’argent. Le ministère s’engage à consulter les parties prenantes pour définir la conception et la structure de cette nouvelle taxe.