Publié le 2025-10-11 17:19:00. De nombreuses régions russes sont touchées par des pénuries de carburant, conséquences d’attaques de drones ukrainiens contre les raffineries du pays. Ces incidents ont entraîné une baisse significative de la production et des tensions sur le marché intérieur.
- Au moins 57 régions russes ont connu des ruptures d’approvisionnement en carburant.
- La production de carburant en Russie a atteint un niveau historiquement bas, impactant l’exportation.
- Le gouvernement russe a mis en place des mesures pour tenter d’atténuer la crise.
Les attaques ukrainiennes contre les installations de raffinage russes ont eu des répercussions importantes sur l’approvisionnement en carburant dans une grande partie du pays. Selon les estimations, près de la moitié des grandes raffineries russes ont été visées par des drones ukrainiens depuis le début de l’année 2025. Ces opérations ont conduit à des interruptions d’approvisionnement dans au moins 57 régions, affectant particulièrement les stations-service indépendantes. Bien que la situation soit désormais considérée comme stabilisée sur le terrain, ces événements ont marqué le paysage énergétique russe.
L’ampleur des dommages est considérable : une raffinerie de pétrole sur trois aurait été touchée, selon Bloomberg. Le nombre d’attaques a connu une augmentation notable, passant de 14 en août à 8 en septembre, puis à 4 dans les dix premiers jours d’octobre. En conséquence, au moins dix entreprises pétrolières, y compris celles tournées vers l’exportation, ont vu leur activité partiellement ou totalement suspendue durant les mois d’août et septembre. Ces perturbations ont entraîné des temps d’arrêt record dans la capacité de raffinage primaire, culminant à 23 % en août et augmentant encore en septembre. En octobre, les volumes de pétrole raffiné ont chuté à 4,86 millions de barils par jour, le niveau le plus bas depuis cinq ans.
Sergei Vakulenko, chercheur principal au Centre Carnegie de Berlin pour les études russes et eurasiennes, estime que la production des raffineries russes a diminué d’environ 10 % par rapport à son pic de juillet. Face à cette situation, les autorités russes disposent de plusieurs leviers d’action. Elles pourraient envisager de limiter la consommation de carburant ou d’assouplir temporairement les normes environnementales pour l’essence. Cependant, l’expert souligne que les usines touchées devraient être remises en état de fonctionnement d’ici deux à trois semaines. L’évolution de cette crise dépendra de l’intensité des futures attaques ukrainiennes et de leur capacité à maintenir un rythme soutenu, ainsi que de la concentration de leurs efforts sur les infrastructures de raffinage.
En réponse à la réduction du raffinage et à la hausse des prix du carburant, qui ont atteint un sommet inédit depuis 14 ans dans plusieurs régions et en Crimée, des restrictions sur la vente de carburant par personne ont été imposées. Le gouvernement russe a également interdit l’exportation d’essence et de diesel, augmenté ses achats auprès de la Biélorussie et préparerait des importations depuis la Chine, Singapour et la Corée du Sud pour pallier le manque.