Publié le 2025-10-06 04:35:00. L’alliance OPEP+ a décidé dimanche d’une augmentation modeste de sa production de pétrole, reflétant un équilibre délicat entre la reprise des parts de marché et le maintien de la stabilité des prix face aux craintes de surplus.
Dimanche, les pays producteurs de l’OPEP+ ont convenu d’une hausse de 137 000 barils par jour (bpd) à partir de novembre. Cette augmentation, identique à celle d’octobre, est perçue par les marchés comme une mesure prudente, alors que persistent les inquiétudes quant à un éventuel excédent d’offre.
Cette décision fait suite aux démentis de l’organisation concernant des rumeurs d’une hausse potentielle plus importante, de l’ordre de 500 000 bpd. Depuis le début de l’année, l’alliance OPEP+ a augmenté ses objectifs de production de plus de 2,7 millions de b/j, soit environ 2,5 % de la demande mondiale. Le groupe semble déterminé à regagner des parts de marché face aux producteurs extérieurs à l’OPEP, tout en évitant une chute trop prononcée des prix.
La réunion a été précédée de tensions rapportées entre la Russie et l’Arabie saoudite. Moscou aurait privilégié une augmentation plus mesurée, invoquant les contraintes liées aux sanctions et le souhait d’éviter une pression à la baisse sur les cours. Riyad aurait, quant à lui, plaidé pour une hausse plus significative. L’accord sur une augmentation modeste témoigne finalement d’un compromis visant la stabilité du marché.
L’OPEP a justifié cette approche mesurée en invoquant les « perspectives économiques mondiales et les fondamentaux actuels sains », soulignant notamment des niveaux de stocks de pétrole relativement bas.
Au moment de la rédaction de ces lignes, le pétrole Brent se négociait à 65,45 $, en hausse de près de 1,5 % sur la journée, tandis que le WTI grimpait à 61,78 $.
Cette politique de l’OPEP+ soulève également un défi structurel. Chaque augmentation de production érode le coussin de capacité de production inutilisée du groupe. À terme, cette diminution de la flexibilité pourrait limiter la capacité du cartel à réagir efficacement aux chocs du marché.
Les huit pays producteurs se retrouveront le 2 novembre pour évaluer la situation et potentiellement ajuster leurs plans. Cette réunion sera attentivement scrutée pour déterminer si le groupe accélère la réduction de ses quotas ou modifie sa stratégie face à l’évolution des signaux de demande et des tendances de stocks.
Par Charles Kennedy pour Oilprice.com