Home Économie Ce jour-là, Simón Bolívar a décrété la répartition des biens nationaux

Ce jour-là, Simón Bolívar a décrété la répartition des biens nationaux

0 comments 135 views

Publié le 2025-10-10 12:31:00. Le 10 octobre 1817, Simón Bolívar signait un décret révolutionnaire visant à récompenser les vétérans de l’indépendance par la redistribution des biens confisqués aux royalistes. Cette mesure, précurseure des réformes agraires, visait à établir une plus grande équité sociale et à reconnaître le sacrifice des combattants.

  • Un décret de 1817 ordonnait la confiscation et la répartition des biens des ennemis de la République.
  • La valeur des biens distribués était proportionnelle au grade militaire, du général au simple soldat.
  • Ce système fut détourné plus tard par l’introduction des « bons », favorisant les grands propriétaires terriens.

Il y a plus de deux siècles, le 10 octobre 1817, Simón Bolívar, le Libérateur, prenait une décision d’une portée sociale considérable dans sa vie publique. Il s’agissait du décret sur la répartition des biens, destiné à récompenser les officiers et les soldats pour leurs services durant la lutte pour l’indépendance. Cette initiative est considérée comme un antécédent direct des projets de réforme agraire et de la législation sur la répartition des terres qui marqueraient l’histoire républicaine du Venezuela.

Un acte fondateur

Ce décret du 10 octobre n’était pas une mesure isolée, mais l’aboutissement d’un processus réglementaire entamé par Bolívar dès le 3 septembre de la même année. À cette date, il avait déjà ordonné la création d’un tribunal des confiscations dont la mission première était de saisir « Tous les biens et propriétés, meubles et immeubles […] correspondant aux personnes […] qui ont suivi l’ennemi […] ou ont pris part à son service ». Les biens de l’administration espagnole, ainsi que les haciendas et missions des Capucins de Caroní, faisaient également l’objet de ces confisques.

Une redistribution inédite

Dans le cadre de la législation coloniale, les terres confisquées aux populations indigènes étaient généralement attribuées aux conquérants et aux colons, sans véritable système de redistribution équitable. L’histoire universelle offre un précédent avec la Rome antique et la loi Sempronia, qui prévoyait le partage des terres confisquées en lots d’environ 250 hectares. Le décret de Bolívar, quant à lui, conceptualisait la distribution des propriétés comme un acte de justice basé sur le mérite militaire, directement lié au grade de chaque combattant.

Ainsi, un général de division recevait des biens évalués à 20 000 pesos, un général de brigade à 15 000, un colonel à 10 000, et ainsi de suite, jusqu’au caporal, qui recevait des parts équivalant à 700 pesos, et le simple soldat, à 500 pesos.

La dérive des « bons »

Cependant, après l’affirmation de l’indépendance suite à la bataille de Carabobo en 1821 et durant les six années d’absence de Bolívar, occupé par la guerre dans le sud et au Pérou, une dérive s’est opérée. José Antonio Páez, figure dominante au Venezuela, a favorisé la mise en place du système des « bons ». Ces derniers permettaient la négociation des parcelles de terre attribuées aux soldats et à leurs familles, via un document censé être effectif à terme. Ce mécanisme a été critiqué, car il a souvent conduit à ce que ceux qui n’avaient « jamais vu trois sous ensemble » se retrouvent détenteurs de bons d’une valeur rarement utilisée pour l’investissement. Les « bons » sont ainsi devenus un instrument pervertissant l’intention originelle du décret de 1817, contribuant à l’affirmation des latifundia, ces immenses propriétés terriennes.

« […] les propriétés […] seront distribuées […] Considérant que le premier devoir du gouvernement est de récompenser les services des défenseurs de la République, qui, sacrifiant généreusement leur vie et leurs biens pour la liberté et le bonheur du pays, ont soutenu la désastreuse guerre d’Indépendance, sans que ni eux ni leurs familles n’aient de moyens de subsistance […] décrète : Art. 1. Tous les biens immobiliers et propriétés qui […] auront été saisis et confisqués […] seront distribués et attribués aux généraux, officiers et soldats de la République. »

Décrets du Libérateur, Cs, Italgráfica SRL, 1983, Tome I, p. 89.

Actualités et anniversaires

Journée mondiale contre la peine de mort : Cette journée revêt une importance capitale pour la défense des droits humains. Elle offre une occasion de focaliser l’attention sur la peine capitale, considérée comme la négation ultime des droits de l’homme. De nombreux pays persistent à appliquer la peine de mort, s’éloignant ainsi d’une approche humaniste prônant la rédemption. Même dans des pays à forte culture occidentale, des régions comme le Texas aux États-Unis continuent d’appliquer la peine capitale.

1813 : Naissance de Giuseppe Verdi : Compositeur d’opéras universellement renommés tels que *Le Trouvère*, *La Traviata* et *Rigoletto*, Giuseppe Verdi naît à Busseto, en Italie. Au sommet du romantisme, ses œuvres, comme *Aïda*, s’inspiraient de la lutte contre l’envahisseur autrichien. Ses représentations ont d’ailleurs nourri le mouvement indépendantiste italien. Verdi décède à Milan en 1901.

1837 : Décès de Charles Fourier : Ce réformateur français est reconnu, aux côtés de Henri de Saint-Simon et Richard Owen, par Karl Marx et Friedrich Engels. Le socialisme utopique fut une étape nécessaire à l’édification de la pensée sociale. Les idées de Fourier continuent d’être débattues pour leur conception d’une société organisée en phalanstères, des communautés où riches et pauvres s’associeraient, mettant en commun capital et travail, et répartissant les bénéfices selon la contribution de chacun.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.