Publié le 2024-10-27 15:30:00. Les traitements contre le cancer peuvent considérablement affecter l’appétit des enfants, modifiant leurs habitudes alimentaires et la manière dont leur corps assimile les nutriments essentiels. Une nutrition adéquate est une clé fondamentale pour soutenir leur rétablissement et leur bien-être général durant cette période éprouvante.
- Une alimentation équilibrée renforce les défenses immunitaires, favorise la croissance et le développement, accélère la guérison post-opératoire et redonne des forces.
- Les macronutriments – protéines, glucides et lipides – sont cruciaux pour la croissance et la récupération, tandis que les vitamines, minéraux et une hydratation suffisante jouent des rôles vitaux.
- Plusieurs approches nutritionnelles, allant de l’alimentation orale adaptée à la nutrition par sonde ou intraveineuse, peuvent être mises en œuvre pour garantir un apport suffisant.
La lutte contre le cancer impose souvent des défis nutritionnels importants. Les traitements peuvent altérer le goût, provoquer des nausées ou une perte d’appétit, rendant l’ingestion des nutriments nécessaires difficile. Pourtant, une bonne nutrition est un pilier essentiel pour aider l’enfant à combattre l’infection, à grandir et à se développer harmonieusement, à se remettre plus rapidement d’une intervention chirurgicale et à retrouver l’énergie nécessaire pour ses activités quotidiennes. Elle permet également de mieux tolérer les traitements et leurs effets secondaires.
Les nutriments fondamentaux, les « briques » de notre alimentation, que sont les glucides, les protéines et les lipides, revêtent une importance particulière chez les enfants sous traitement anticancéreux. Les protéines, présentes dans la viande, les légumineuses, les noix et les produits laitiers, sont indispensables à la croissance, au développement musculaire, à la réparation des tissus et au renforcement du système immunitaire. Les glucides, trouvés dans les fruits, légumes, céréales et légumineuses, fournissent l’énergie nécessaire au corps et au cerveau. Les lipides, issus de l’avocat, de la viande, de certains produits laitiers, des noix, des graines et des huiles, sont vitaux pour l’énergie, l’absorption des vitamines liposolubles (A, D, E, K) et la protection des organes.
Les vitamines et les minéraux sont également cruciaux. Une alimentation déséquilibrée peut entraîner des carences. Il est conseillé de discuter avec l’équipe médicale de la pertinence d’une supplémentation, tout en étant conscient que certaines vitamines peuvent interagir avec les traitements. L’hydratation est un autre point d’attention majeur. L’eau et le lait sont les meilleures options, mais les jus de fruits à 100% peuvent être consommés avec modération. Il est impératif de surveiller l’apport hydrique, surtout en cas de vomissements, de diarrhée ou de difficulté à boire.
Plusieurs stratégies peuvent être employées pour assurer une nutrition adéquate pendant le traitement. L’alimentation orale peut être optimisée par des repas plus caloriques et protéinés, des boissons enrichies (type milkshakes, substituts de repas commerciaux) et des repas plus fréquents mais plus petits. Si l’alimentation orale s’avère insuffisante, d’autres méthodes prennent le relais. Des médicaments stimulants d’appétit peuvent être prescrits. L’alimentation par sonde, dite nutrition entérale, est une option lorsque les besoins caloriques ne sont pas satisfaits par voie orale. Un tube fin est inséré, permettant l’administration de formules nutritionnelles, d’eau ou de médicaments. Les bénéfices se font souvent sentir rapidement, améliorant l’état général de l’enfant et pouvant même stimuler l’appétit oral. Il est souvent préférable d’initier l’alimentation par sonde précocement pour prévenir la perte de poids.
Dans les cas où l’alimentation par sonde n’est pas possible, la nutrition par voie intraveineuse, ou nutrition parentérale totale (NPT), est mise en place sous la supervision de l’équipe soignante et d’un diététicien. Au-delà des méthodes d’apport, la sécurité alimentaire est primordiale pour prévenir les infections. Cela inclut le lavage rigoureux des mains, le rinçage des fruits et légumes, le maintien des aliments à bonne température (chauds au-dessus de 60°C, froids en dessous de 4°C) et l’évitement des produits laitiers non pasteurisés, des viandes ou œufs crus ou insuffisamment cuits.