Publié le 12 octobre 2025. Un rapport du Département d’État américain pointe du doigt la bureaucratie philippine, notamment les douanes, comme un frein majeur à l’investissement en raison de sa corruption endémique et de son manque de transparence. Les autorités philippines affirment toutefois prendre des mesures correctives.
- Le Bureau des douanes (BOC) est cité comme l’une des agences les plus corrompues des Philippines.
- Le rapport américain dénonce un système réglementaire « flou » caractérisé par des pots-de-vin, entravant les investissements étrangers.
- Le commissaire des douanes reconnaît les critiques mais assure que des réformes ont été initiées.
Le rapport annuel du Département d’État américain sur le climat des investissements aux Philippines dresse un portrait préoccupant, soulignant que le gouvernement doit impérativement améliorer la transparence de son système réglementaire. Ce dernier est dépeint comme gangrené par les pots-de-vin et la corruption, constituant ainsi des obstacles significatifs pour les investisseurs étrangers.
Le document décrit l’environnement réglementaire du pays comme « flou » dans de nombreux secteurs économiques, ce qui se traduit par une application incohérente des lois et des règles. « Certains investisseurs américains décrivent les processus d’enregistrement des entreprises, de douane et d’immigration comme fastidieux. Les processus douaniers, en particulier, peuvent présenter des défis et l’ambassade a reçu de nombreux rapports d’entreprises américaines faisant état de recherches trop invasives, de frais de douane incohérents et de sollicitations de « frais de facilitation » (par exemple, des pots-de-vin) de la part de certains agents des douanes », détaille le rapport. Il est également précisé que les agences de régulation manquent souvent d’indépendance statutaire et que les « incohérences dans le système judiciaire affectent l’application de la réglementation ».

Face à ces critiques, le commissaire des douanes, Ariel Nepomuceno, a reconnu les préoccupations soulevées dans le rapport américain de 2025. Il a toutefois tenu à préciser que les problèmes avaient déjà été pris en compte et que des mesures étaient en cours avant même la publication du document. Selon lui, le Bureau des douanes, sous sa direction, a initié des réformes institutionnelles majeures au cours de ses 100 premiers jours de mandat pour adresser ces points faibles.
Parmi les principales initiatives anti-corruption mises en place, M. Nepomuceno a cité la publication d’une politique stricte de « No Take », interdisant toute forme de corruption ou de transaction monétaire illégale au sein de l’agence. Cette directive, a-t-il assuré, est appliquée à tous les niveaux, avec des sanctions disciplinaires immédiates prévues en cas de violation. De plus, un mémorandum publié en juillet 2025 a interdit au personnel et aux fonctionnaires du BOC de détenir tout intérêt commercial ou financier dans les opérations de courtage en douane. Les employés sont également tenus de déclarer leurs liens familiaux avec de telles sociétés afin de garantir l’impartialité et la transparence des transactions douanières.