Publié le 2023-12-01 10:00:00. Une étude récente menée en Turquie révèle des disparités persistantes entre hommes et femmes aux postes de direction dans le milieu de la médecine universitaire, malgré une présence significative de femmes dans le corps professoral. Les résultats soulignent la nécessité de politiques ciblées pour corriger ces déséquilibres.
- Les femmes constituent 40,4 % des professeurs dans les facultés de médecine turques, mais seulement 22,5 % des doyens et 13,6 % des chefs de départements de chirurgie.
- Dans les conseils de spécialités et lors des conférences médicales, la proportion de femmes aux postes de direction est inférieure à leur représentation globale.
- Les postes de rédactrice en chef dans les revues médicales sont également moins occupés par des femmes que les autres fonctions éditoriales.
L’enquête, réalisée entre août et décembre 2023, a analysé les données publiques de 113 facultés de médecine, 112 conseils de spécialités, 73 conférences médicales et 246 revues scientifiques à travers la Turquie. Au total, 17 939 membres ont été recensés. L’objectif était d’évaluer la représentation féminine aux plus hauts échelons de la médecine universitaire, un enjeu jugé crucial pour une diversité et une équité réelles au sein de la profession.
Si les femmes représentent une part non négligeable des effectifs, les chiffres bruts cachent des réalités contrastées. Par exemple, dans certains départements comme la pédiatrie et la gynécologie-obstétrique, les postes de chaire sont significativement moins occupés par des femmes que ne le sont les effectifs de professeurs dans ces mêmes disciplines. Ce constat s’étend également aux instances décisionnelles telles que les conseils de spécialités, où leur rôle de présidente est moins fréquent que leur part dans l’ensemble des membres. De même, les revues médicales montrent une sous-représentation des femmes aux postes de rédactrice en chef.
En conclusion, bien que la médecine universitaire turque compte une importante population féminine, des « plafonds de verre » persistent dans les sphères de leadership. L’étude préconise la mise en place de politiques spécifiques, allant au-delà des simples quotas généraux, pour s’attaquer aux déséquilibres dans les rôles décisionnels où les déficits sont les plus marqués.