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Les prêts bancaires chinois en septembre augmentent moins que prévu alors que la faible demande de crédit persiste

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Publié le 2025-10-16 07:56:00. Les nouveaux prêts bancaires en Chine ont augmenté de manière moins significative que prévu en septembre, un chiffre qui pourrait masquer une demande de crédit atone malgré les efforts des autorités pour relancer l’économie et contrer la crise immobilière.

  • Les prêts bancaires ont atteint 1 290 milliards de yuans en septembre, une hausse par rapport à août mais inférieure aux attentes des analystes.
  • Les facteurs saisonniers expliquent en partie cette augmentation, mais la demande de crédit sous-jacente reste faible.
  • Les émissions d’obligations d’État devraient ralentir, impactant potentiellement le financement total de la société (TSF).

Les banques chinoises ont accordé 1 290 milliards de yuans (environ 181 milliards de dollars) de nouveaux prêts en septembre, une augmentation notable par rapport aux 590 milliards de yuans enregistrés en août. Cependant, ce montant est inférieur aux 1 470 milliards de yuans anticipés par les économistes et aux 1 590 milliards de yuans accordés un an plus tôt. Les experts soulignent que le mois de septembre voit traditionnellement une reprise des prêts en raison de facteurs saisonniers, mais que cela ne reflète pas nécessairement un regain de dynamisme économique.

« Les données de septembre confirment que le cycle de crédit actuel a dépassé son pic et que les taux de croissance du financement global et de la masse monétaire M2 pourraient continuer à baisser », analyse Xing Zhaopeng, stratège principal pour la Chine chez ANZ. Il ajoute que la pression sur la croissance du produit intérieur brut (PIB) rend probable une réduction du ratio de réserves obligatoires (RRR) avant une baisse des taux d’intérêt. Selon lui, décembre pourrait être un moment opportun pour la Banque populaire de Chine (PBOC) d’agir, compte tenu de la priorité accordée à la stabilité du taux de change à court terme.

Au total, l’encours des prêts en yuans a progressé de 6,6 % sur un an, un chiffre record mais inférieur aux 6,8 % d’août et aux prévisions de 6,7 %. Sur les neuf premiers mois de l’année, les banques chinoises ont distribué 14 750 milliards de yuans de nouveaux prêts, soit une baisse d’environ 8 % par rapport à la même période en 2024. Les prêts aux ménages ont toutefois connu une forte reprise en septembre, atteignant 389 milliards de yuans contre 30,3 milliards le mois précédent, tandis que les prêts aux entreprises se sont élevés à 1 220 milliards de yuans.

Le dynamisme économique en berne

L’économie chinoise montre des signes de ralentissement depuis deux trimestres. En septembre, l’activité manufacturière a subi sa sixième contraction mensuelle consécutive. Les pressions déflationnistes persistent, avec une nouvelle baisse des prix à la consommation et à la production, ce qui appelle à des mesures de soutien supplémentaires. La crise immobilière prolongée et les tensions commerciales avec les États-Unis continuent d’affecter la confiance.

Si les exportations chinoises ont rebondi en septembre, les mesures commerciales et les menaces de représailles entre Pékin et Washington ravivent les craintes pour l’emploi et alimentent les risques de déflation. Les tensions se sont accrues suite à l’annonce par la Chine d’une expansion majeure des contrôles sur les exportations de terres rares et à la menace du président américain Donald Trump d’augmenter les droits de douane sur les produits chinois à 100 % et de durcir les restrictions sur les exportations de logiciels dès le 1er novembre.

Les autorités chinoises semblent réticentes à lancer des plans de relance massifs, craignant de créer une bulle spéculative et de répéter le krach boursier de 2015.

Un assouplissement politique mesuré

Afin de limiter les risques déflationnistes, le gouvernement chinois a mis en place un programme dit « anti-involution » visant à réduire la surcapacité et la concurrence acharnée entre les entreprises. Pour stimuler la consommation intérieure, Pékin a annoncé des bonifications d’intérêts sur les prêts aux ménages et aux entreprises, entrées en vigueur en septembre.

La Chine envisage également de mobiliser 500 milliards de yuans d’instruments financiers ciblés pour accélérer les projets d’investissement et soutenir l’économie en phase de ralentissement. La masse monétaire au sens large (M2) a augmenté de 8,4 % en août sur un an, en deçà des prévisions des analystes. La masse monétaire M1 a quant à elle progressé de 7,2 %.

L’encours total du financement social (TSF), qui mesure le crédit et la liquidité dans l’économie, a augmenté de 8,7 % en glissement annuel, marquant un ralentissement par rapport au mois d’août. « Bien que nous nous attendions à des réductions progressives des taux au cours de l’année à venir, la déflation maintiendra les taux débiteurs réels à un niveau élevé, ce qui pèsera sur les prêts bancaires », prévient une note de Capital Economics. « Il est peu probable que le programme de subvention des prêts à la consommation suffise à compenser ce frein. » L’offre de nouvelles obligations d’État devrait diminuer, continuant d’avoir un impact négatif sur le TSF, après des émissions importantes en début d’année. Le TSF inclut des formes de financement hors bilan, comme les introductions en bourse, les prêts accordés par des sociétés fiduciaires et les ventes d’obligations.

Reportage de Kevin Yao et Liz Lee ; Montage par Clarence Fernandez et Kim Coghill

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