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Le hashtag #Yes2Meat contre le véganisme

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Quand l’industrie agroalimentaire combat les recommandations scientifiques pour notre santé et celle de la planète

Paris, France – Une question lancée en 2019 par des scientifiques – « Pouvons-nous nourrir dix milliards de personnes sans détruire la planète ? » – a déclenché une véritable guerre d’influence. La réponse, publiée dans la prestigieuse revue The Lancet, était sans appel : une alimentation plus frugale en viande et en sucre, et plus riche en légumineuses, fruits et légumes était indispensable. Loin d’imposer le véganisme, cette proposition visait une alimentation flexible pour assurer la survie de la planète. Mais la réaction de certains milieux conservateurs fut d’une violence inouïe, transformant un débat scientifique en une vaste campagne de désinformation orchestrée.

Les critiques ont fusé, accusant les chercheurs de vouloir « légiférer sur les régimes alimentaires mondiaux », de « tuer les traditions culinaires » et de « détester les agriculteurs ». Le hashtag #Yes2Meat a rapidement envahi les réseaux sociaux, tandis que les théories du complot proliféraient. Ce n’est que plus tard que la véritable origine de cette levée de boucliers médiatique a été mise au jour.

Une campagne de lobbying à grande échelle

Une enquête menée par DéSmog a révélé l’implication du cabinet de lobbying Red Flag, déjà connu pour travailler avec les géants de l’agroalimentaire. Ce cabinet a orchestré une campagne sur mesure visant à discréditer le rapport, présentant des recommandations raisonnables comme des positions extrémistes. Les rapports internes de Red Flag se félicitent d’un « succès extraordinaire », affirmant que la moitié des critiques médiatiques et des influenceurs reprenaient textuellement les messages distillés par l’agence.

Parallèlement, à l’Université de Californie, le centre CLEAR mettait en place un « réseau académique d’opposition » pour contester les données du rapport EAT-Lancet. Des documents internes obtenus par Greenpeace confirment l’objectif : « fournir des messages percutants » pour défendre la consommation de viande face aux liens établis avec le réchauffement climatique.

Des tactiques similaires à celles de l’industrie du tabac

La stratégie employée rappelle étrangement celle de l’industrie du tabac dans les années 1960. Face aux études démontrant les dangers du tabac, celle-ci n’a pas cherché à réfuter les faits, mais a plutôt parrainé des chercheurs, acheté des consensus et semé le doute dans l’opinion publique. Aujourd’hui, l’industrie de l’élevage mondial semble adopter la même recette, mais avec un marketing plus sophistiqué et des slogans percutants.

Les enjeux sont considérables. L’élevage est responsable de 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, un chiffre supérieur à celui de l’ensemble des transports. Pourtant, toute tentative visant à réduire la consommation de viande se heurte à la résistance acharnée d’une industrie pesant des milliers de milliards de dollars, prête à tout pour préserver ses profits au détriment de la santé de la planète et de ses habitants.

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