Publié le 2024-11-21 10:43:00. L’arrivée de vaccins antigrippaux renforcés suscite des débats quant à leur bénéfice réel pour les plus de 65 ans, malgré une recommandation du Conseil supérieur de la santé. Si ces vaccins offrent une réponse immunitaire plus forte, leur coût élevé et un gain absolu jugé limité par certains experts interrogent.
- Les nouveaux vaccins renforcés, contenant une dose plus élevée, visent à stimuler une réaction immunitaire plus robuste, particulièrement chez les personnes dont le système immunitaire est plus fragile.
- Le Centre belge d’information pharmacothérapeutique (BCFI) estime que la valeur ajoutée de ces vaccins est modeste, nécessitant la vaccination de 1 250 personnes pour prévenir une hospitalisation liée à la grippe ou à la pneumonie.
- Malgré une efficacité jugée « 20 à 25 % meilleure » par le virologue Marc Van Ranst, le BCFI souligne que cette amélioration ne se traduit pas par une différence significative en matière de mortalité dans les études analysées.
Depuis cette saison hivernale, le Conseil supérieur de la santé recommande ces vaccins plus concentrés aux personnes âgées de plus de 65 ans. L’objectif est de leur offrir une protection accrue face à une potentielle saison grippale sévère, un risque d’autant plus tangible que des signaux d’alerte proviennent notamment de la situation observée en Australie.
Cependant, le Centre belge d’information pharmacothérapeutique (BCFI), une instance composée d’universitaires, de médecins et de pharmaciens, a analysé plusieurs publications scientifiques et émet des réserves. Selon leur évaluation, la valeur ajoutée de ces vaccins semble « plutôt limitée ». Ils précisent qu’il faudrait vacciner 1 250 patients pour éviter une seule hospitalisation pour grippe ou pneumonie. Aucune des études examinées n’a mis en évidence de différence en termes de mortalité. Le coût plus élevé de ces vaccins, qui peuvent être jusqu’à cinq fois plus chers que les formules classiques, reste également un point de préoccupation.
Malgré cette observation d’un gain absolu limité, le BCFI reconnaît que cet avantage peut « être pertinent au niveau de la population ». Le virologue Marc Van Ranst, de la KU Leuven, tempère ces critiques en qualifiant le vaccin renforcé de « meilleur », tout en précisant qu’il n’est pas « dix fois meilleur », mais plutôt « 20 à 25 % meilleur ». Il ajoute que si le coût est un facteur, celui des autres vaccins antigrippaux en Belgique est déjà relativement bas comparé à d’autres pays et à d’autres vaccins nationaux. Il indique personnellement recommander ce vaccin à ses parents âgés d’environ 85 ans, mais pas à lui-même.
Suite à la recommandation du Conseil supérieur de la santé, une pénurie de vaccins renforcés a été constatée. Ce problème d’approvisionnement devrait toutefois être résolu dans les semaines à venir, les producteurs ayant réorienté des livraisons initialement prévues pour l’étranger vers la Belgique.
Pour approfondir le sujet, il est possible de consulter des informations sur le calendrier de vaccination : La « saison des vaccinations » a commencé : quand se faire vacciner contre la grippe ou le corona ? « Même trois injections peuvent être utiles ».