Publié le 2025-10-22 21:35:00. Des avancées significatives dans la lutte contre le cancer, notamment le cancer de la prostate et du sein, ont été présentées lors du récent Congrès européen d’oncologie à Berlin, promettant de transformer les approches thérapeutiques et préventives.
- Un nouveau traitement par radiopharmaceutique prolonge la survie des hommes atteints de cancer de la prostate métastatique.
- L’allaitement maternel confère une protection durable contre les formes agressives de cancer du sein, grâce à une « mémoire immunologique » renforcée.
La recherche scientifique continue de repousser les frontières de la médecine oncologique, cherchant sans relâche des innovations pour améliorer la prise en charge des patients, particulièrement ceux touchés par des cancers prévalents au Brésil tels que le cancer du sein et de la prostate, responsables de quelque 150 000 nouveaux cas par an dans le pays.
Le Congrès européen d’oncologie, qui s’est tenu à Berlin du 17 au 21 octobre, a été le théâtre de la présentation d’études révolutionnaires. Deux d’entre elles ont particulièrement retenu l’attention des experts mondiaux.
Cancer de la prostate : un radiopharmaceutique redéfinit les perspectives thérapeutiques
Une avancée majeure concerne l’utilisation du Lutetium-177-PSMA, un nouveau médicament radioactif capable de cibler spécifiquement les cellules cancéreuses de la prostate et de leur administrer une dose de rayonnement létale. Cette approche, alliant thérapie ciblée et radiothérapie de haute précision, marque un tournant dans le domaine des produits radiopharmaceutiques.
Une étude portant sur plus de 1 140 patients atteints de cancer de la prostate métastatique sensible à la castration a comparé l’hormonothérapie seule à une combinaison d’hormonothérapie et de ce nouveau radiopharmaceutique administré par voie intraveineuse. Les résultats sont probants : le risque de progression de la maladie ou de décès a été réduit de 28 % chez les patients ayant reçu le traitement combiné, par rapport à ceux traités uniquement par des antihormones.
Ce qui rend cette découverte particulièrement pertinente, c’est qu’elle démontre pour la première fois le bénéfice des produits radiopharmaceutiques en traitement de première ligne pour les patients atteints de maladie métastatique, et non plus seulement dans les stades avancés et résistants. Cette stratégie promet de prolonger la réponse au traitement, de retarder la progression de la maladie et d’améliorer significativement la qualité de vie, tout en réduisant le recours à des thérapies potentiellement plus toxiques.
Le pouvoir de l’allaitement face au cancer du sein
Dans le domaine du cancer du sein, une étude australienne a éclairci les mécanismes immunologiques expliquant pourquoi la grossesse et l’allaitement réduisent le risque de développer certains types de cancer du sein, notamment les tumeurs triples négatives, reconnues pour leur agressivité et leur mauvais pronostic.
Si le lien entre allaitement et protection contre le cancer du sein était déjà établi, les bases biologiques restaient floues. Les recherches révèlent que les femmes ayant allaité présentent une concentration accrue de lymphocytes CD8, acteurs clés du système immunitaire chargés de reconnaître et d’éliminer les cellules cancéreuses. De plus, ces lymphocytes développent une « mémoire immunologique » de longue durée, persistant pendant des années après la fin de la lactation. Cette mémoire agit comme une surveillance continue du tissu mammaire, aidant l’organisme à identifier et à éradiquer les cellules potentiellement malignes avant qu’elles ne forment une tumeur.
Ces découvertes ouvrent un nouveau chapitre dans la compréhension de l’immunité liée au cancer du sein, démontrant que les antécédents reproductifs et l’allaitement modulent durablement le système immunitaire, au-delà du simple risque de développer la maladie. Elles pourraient inspirer de nouvelles stratégies préventives et thérapeutiques, visant à reproduire cette protection immunologique chez les femmes pour qui l’allaitement n’est pas une option.
L’ensemble des travaux présentés lors de ce congrès souligne le rôle crucial de la recherche scientifique dans la transformation des soins oncologiques. Alors que des thérapies de plus en plus ciblées améliorent le contrôle de la maladie chez les patients avancés, les avancées en immunologie et en biologie des tumeurs ouvrent de nouvelles voies pour la prévention et la détection précoce. Ces progrès renforcent l’importance des investissements dans la recherche et l’accès aux innovations, afin que les bénéfices de la science parviennent à tous les patients, améliorant ainsi les pronostics de lutte contre le cancer.