Publié le 2025-10-24 14:03:00. La lutte contre le virus respiratoire syncytial (VRS) franchit une nouvelle étape avec la recommandation d’une immunisation passive généralisée pour les nouveau-nés et les nourrissons, offrant une protection accrue durant leur première saison d’exposition à ce virus redoutable, particulièrement actif en hiver.
- Le nirsevimab, un anticorps monoclonal, est désormais recommandé par le STIKO pour tous les nouveau-nés afin de prévenir les formes graves de VRS.
- Cette nouvelle approche s’étend également aux adultes de plus de 75 ans et à ceux de plus de 60 ans présentant des antécédents de maladies.
- Les données préliminaires indiquent une réduction significative des infections graves et des hospitalisations chez les nourrissons vaccinés.
Le virus respiratoire syncytial (VRS) est un agent pathogène commun, circulant principalement entre octobre et mars, qui peut entraîner des affections respiratoires sévères, notamment chez les plus jeunes et les personnes âgées. Jusqu’à récemment, la protection passive, administrée par des anticorps, était réservée aux enfants déjà fragilisés par des pathologies antérieures. Cependant, l’approbation en octobre 2022 du nirsevimab (Beyfortus®) au sein de l’Union européenne a ouvert la voie à une stratégie de prévention plus large. Cet anticorps monoclonal protège les nouveau-nés et les nourrissons durant leur première saison d’exposition au VRS, indépendamment de leurs antécédents médicaux.
Le mécanisme d’action du nirsevimab consiste à bloquer la fusion des membranes cellulaires, empêchant ainsi le virus de se propager d’une cellule à l’autre. Une seule administration par injection intramusculaire suffit à assurer une protection durant toute la saison virale. Fort de ces constats, la Commission permanente de vaccination (STIKO) a étendu ses recommandations depuis 2024, préconisant l’administration prophylactique du nirsevimab à tous les nouveau-nés et nourrissons lors de leur première saison de VRS. L’objectif est de minimiser les cas graves chez cette population vulnérable.
Parallèlement, le STIKO recommande désormais la vaccination par nirsevimab pour les adultes âgés de plus de 75 ans, ainsi que pour ceux de plus de 60 ans ayant des antécédents de maladies. Cette mesure vise à réduire l’incidence des infections respiratoires sévères liées au VRS et leurs conséquences potentiellement mortelles, telles que les hospitalisations et les décès.
Le VRS est un virus à ARN qui se transmet par gouttelettes. Bien qu’il affecte la majorité des enfants avant l’âge de deux ans, il représente un risque particulier pour les nourrissons prématurés, ceux atteints de maladies sous-jacentes, ainsi que pour les adultes immunodéprimés ou souffrant de pathologies cardiaques ou pulmonaires chroniques. En Allemagne, l’infection concerne environ 25 000 bébés chaque année, conduisant à de nombreuses hospitalisations. L’absence d’immunité durable face au virus rend la prévention essentielle.
Avant l’avènement de ces nouvelles options de prophylaxie, la prise en charge du VRS se limitait au traitement symptomatique, axé sur l’hydratation et le maintien des voies respiratoires dégagées. Si l’infection ne peut être totalement évitée, des mesures d’hygiène rigoureuses et un diagnostic rapide permettent d’en limiter la gravité.
Le Comité mixte fédéral (G-BA) a reconnu l’avantage clinique substantiel du nirsevimab dans la prévention du VRS chez les nourrissons. Des études comparant le nirsevimab à un placebo ont démontré une réduction notable des infections des voies respiratoires inférieures, en particulier des formes sévères. Pour la saison 2024/2025, les données montrent une diminution de 54 % des cas de VRS chez les nouveau-nés et nourrissons par rapport à la saison précédente (passant de 2 291 à 1 045 cas pour 100 000 nourrissons). Ce recul s’accompagne d’une baisse de 55 % des hospitalisations, confirmant ainsi l’efficacité de cette stratégie de prophylaxie.