Home Économie Le gouvernement aurait un déficit sans mesures exceptionnelles et « semble sous-estimer les dépenses »

Le gouvernement aurait un déficit sans mesures exceptionnelles et « semble sous-estimer les dépenses »

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Publié le 2025-10-24 17:00:00. Le Conseil des Finances Publiques (CFP) émet de sérieuses réserves quant à la proposition de Budget de l’État pour 2026, pointant du doigt des dépenses sous-estimées et une prévision d’excédent artificiellement gonflée par des recettes exceptionnelles.

  • Le CFP alerte sur une sous-estimation des dépenses et une rigidité accrue du budget.
  • L’excédent budgétaire prévu repose sur des ventes d’actifs et des dividendes, masquant un déficit potentiel.
  • Les dépenses en sécurité et défense sont jugées insuffisantes au regard des engagements du Portugal.

Le Conseil des Finances Publiques, sous la direction de Nazaré Costa Cabral, a rendu public son analyse critique de la proposition de loi de finances pour 2026, élaborée par Joaquim Miranda Sarmento. L’organisme met en garde le ministère des Finances contre une tendance à sous-estimer les dépenses, tout en augmentant leur caractère inéluctable. Le CFP souligne que l’excédent de 0,1 % du Produit Intérieur Brut (PIB) projeté par le gouvernement pour 2026 repose en grande partie sur des revenus exceptionnels, tels que des dividendes supplémentaires et la vente de biens immobiliers publics. Ces rentrées sont destinées à compenser l’impact des prêts du Plan de Relance et de Résilience (PRR) et l’effet de nouvelles mesures politiques.

Sans ces opérations ponctuelles, le Conseil estime que le solde budgétaire afficherait un déficit de 0,3 % du PIB. En chiffres absolus, cela représenterait un dérapage de 326 millions d’euros en 2026, en l’absence de ces rentrées extraordinaires. Le rapport met également en lumière une diminution prévue du poids des dépenses publiques dans le PIB, passant de 40,9 % en 2025 à 43,7 % en 2026. Cette baisse, calculée à 0,1 point de pourcentage du PIB, serait rendue possible par des recettes exceptionnelles de 1 406 millions d’euros, notamment issues de la vente de biens de l’État, ainsi que des reprises de paiement sur les retraites complémentaires et le soutien à l’Ukraine reportées de 2025. Si l’on exclut ces « facteurs conjoncturels », le ratio des dépenses publiques connaîtrait en réalité une augmentation.

En termes nominaux, l’augmentation des dépenses publiques pour 2026 serait principalement portée par les dépenses courantes primaires, notamment les dépenses de personnel et les prestations sociales, ce qui accroîtrait leur rigidité. Le CFP pointe du doigt une sous-estimation de certaines dépenses dans la proposition de loi de finances. Les écarts les plus significatifs concernent la consommation intermédiaire, que le CFP évalue à 831 millions d’euros de plus (soit 0,3 pp du PIB) que le ministère des Finances. L’investissement (formation brute de capital fixe) financé nationalement est également concerné, avec une projection du CFP supérieure de 1 134 millions d’euros (0,4 pp du PIB). Le Conseil note que si l’évolution de la consommation intermédiaire n’est pas clairement justifiée, l’investissement dépendrait fortement de ventes de propriétés dont la réalisation reste incertaine.

Les dépenses de sécurité et de défense jugées insuffisantes

Par ailleurs, l’organisme de contrôle budgétaire exprime des doutes sur la suffisance des dépenses prévues en matière de sécurité et de défense. Malgré une prévision d’augmentation de 0,1 pp du PIB entre 2025 et 2026, ces dépenses « semblent inférieures à l’effort réalisé par le Portugal ». Concernant la dette publique, qui devrait reculer à 87,8 % du PIB en 2026, le CFP émet des réserves quant à la faisabilité du scénario budgétaire présenté, sur la base des informations disponibles.

Les dépenses nettes devraient augmenter de 6,4 % en 2025 et 5,7 % en 2026, dépassant ainsi la trajectoire convenue avec le Conseil de l’Union européenne de 5,1 %. Le CFP précise toutefois que la flexibilité prévue dans la clause dérogatoire nationale concernant l’augmentation des dépenses d’investissement dans la défense permet de limiter l’écart cumulé à 0,4 % du PIB en 2025 et 0,5 % en 2026, sans dépasser la limite maximale de 0,6 % du PIB fixée par le nouveau cadre de gouvernance budgétaire de l’UE.

Le Conseil des Finances Publiques identifie principalement des risques baissiers. Il craint que la vente des propriétés et les revenus supplémentaires de dividendes prévus ne se matérialisent pas, ou génèrent des rentrées financières inférieures aux attentes. Un autre risque concerne l’utilisation potentielle de tout ou partie des 1 200 millions d’euros (0,4 % du PIB) prévus pour les « dépenses exceptionnelles » dans des dépenses militaires efficaces. À l’inverse, des risques haussiers incluent une moindre exécution des investissements publics financés nationalement et par le PRR, ainsi qu’un gain potentiel de revenus supplémentaires découlant de la suppression de la réduction de la Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers (ISP) et de l’actualisation de la taxe carbone en 2026.

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