Home Économie Les banques seront plus strictes dans l’approbation des prêts à la consommation que ce ne sera le cas avec les lignes de cartes. Conditions de crédit bancaire Exigences de crédit | VOTRE ARGENT

Les banques seront plus strictes dans l’approbation des prêts à la consommation que ce ne sera le cas avec les lignes de cartes. Conditions de crédit bancaire Exigences de crédit | VOTRE ARGENT

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Publié le 2024-10-28 02:30:00. Malgré une reprise timide du financement aux particuliers, les banques péruviennes s’apprêtent à durcir les conditions d’accès au crédit au dernier trimestre de l’année. Une volte-face stratégique motivée par l’instabilité politique et des perspectives économiques prudentes.

  • Les établissements bancaires vont resserrer les conditions d’octroi de crédit et de cartes de consommation pour le quatrième trimestre 2024.
  • Cette décision s’explique par le risque politique accru à l’approche d’élections et des prévisions de croissance économique ralentie pour 2026.
  • Les banques privilégieront les clients à plus fort pouvoir d’achat, délaissant les campagnes agressives de rachat de crédits traditionnelles de fin d’année.

Alors que le financement aux particuliers commençait à sortir d’une longue période de stagnation, une enquête de la Banque Centrale de Réserve du Pérou (BCRP) révèle un retour à la prudence pour la fin de l’année. Les responsables du système bancaire interrogés jusqu’à mi-octobre anticipent un durcissement des conditions d’accès au crédit et aux cartes de consommation. Ce resserrement intervient justement durant la période traditionnellement la plus dynamique pour les dépenses des ménages. Jusqu’en septembre, ces types de financement avaient enregistré des hausses respectives de 6,8 % et 5,6 %.

« Normalement, à cette période de l’année, les institutions financières sont agressives dans l’offre de prêts, ce qui exerce une pression à la baisse sur les taux d’intérêt des crédits à la consommation, mais cette fois-ci, ce serait différent », commente Víctor Blas, directeur stratégique et financier de Financiera Confianza.

Dès le début de l’année, les institutions financières avaient anticipé un possible tournant dans la dynamique du crédit en fin d’année. Elles avaient ainsi redoublé d’efforts durant le premier semestre, optimisant leurs opérations pour sécuriser de bons résultats jusqu’à cette période. La suite s’annonce cependant plus ardue, comme le confirment les enquêtes bancaires. Le risque politique, exacerbé par l’imminence d’un processus électoral aux prévisions incertaines, se traduira par un ajustement des conditions d’octroi des crédits et cartes à la consommation, selon les dirigeants du secteur. Malgré la reprise de l’emploi et une inflation maîtrisée, le conservatisme règne dans le secteur bancaire et devrait perdurer au moins jusqu’au premier trimestre 2026.

« Le risque politique est présent parce qu’il y a le précédent des élections de 2021 – au cours desquelles Pedro Castillo a été élu, dont les mesures ont effrayé les agents économiques –. C’est pourquoi les entreprises auront tendance à être plus conservatrices dans l’embauche et l’amélioration des salaires, face aux élections. Un outsider est déjà apparu (en 2021) et cela a définitivement marqué les entreprises. »

Víctor Blas, directeur stratégique et financier de Financiera Confianza

Plusieurs facteurs expliquent cette inflexion des politiques de crédit. Outre la proximité du processus électoral, les banques tablent sur une croissance économique moins soutenue en 2026. La manne des exportations d’or et de cuivre, bien que porteuse cette année, devrait s’essouffler, limitant la croissance de l’investissement privé.

Par ailleurs, les retraits successifs des fonds de pension (AFP) ont créé une attente de ressources exceptionnelles parmi la population. Pour maintenir ce modèle de dépenses non durable, de nombreux particuliers recourent aux cartes de crédit. Les banques ont pris conscience de ce scénario, complexifié par l’incertitude électorale, et modifient leur stratégie en conséquence.

En temps normal, les mois précédant les fêtes de fin d’année voient les prêteurs lancer des campagnes agressives de rachat de crédits, baisser les taux d’intérêt et étendre les lignes de crédit. Cette année, la tendance sera inverse : une position restrictive, sans élargissement des lignes ni baisse des taux, et une flexibilité limitée pour l’admission des nouveaux prêts à la consommation. Les institutions financières concentreront l’octroi de crédits vers les clients ayant un plus fort pouvoir d’achat, c’est-à-dire les clients aisés et au-delà.

La question de la délinquance dans les crédits pèse également. Bien que le taux de défaut tende à se stabiliser, il demeure élevé pour certains segments de population, notamment les consommateurs des strates C et D. Si le taux officiel a baissé, il ne reflète pas toujours la réalité, notamment lorsque les prêts irrécouvrables sont radiés du bilan des banques. Le portefeuille de crédits à la consommation a d’ailleurs beaucoup souffert d’une détérioration de sa qualité ces dernières années, conduisant déjà les banques à adopter des politiques plus restrictives.

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