Publié le 2024-05-16 08:00:00. Une nouvelle étude révèle que la manière dont nous marchons pourrait avoir un impact plus significatif sur notre santé cardiovasculaire que le simple décompte des pas quotidiens. Des chercheurs ont découvert que privilégier des marches continues de 10 à 15 minutes serait plus bénéfique que de fragmenter l’activité en courtes périodes.
- Privilégier des marches continues de 10 à 15 minutes réduit le risque d’événements cardiovasculaires.
- Pour les personnes sédentaires (moins de 5 000 pas par jour), ce type de marche diminue le risque de maladies cardiaques de 15% à 7%.
- L’étude suggère que des changements simples dans les habitudes de marche peuvent avoir un impact majeur sur la santé.
Des travaux scientifiques récents mettent en lumière l’importance de la durée et de la continuité de nos promenades quotidiennes pour la santé du cœur, particulièrement chez les individus ayant un faible niveau d’activité physique. Une recherche internationale menée conjointement par l’Université de Sydney et l’Université Européenne d’Espagne indique qu’accumuler la majorité de ses pas quotidiens en marches continues d’au moins 10 à 15 minutes est nettement plus avantageux que de répartir le même nombre de pas sur de courtes séquences tout au long de la journée.
Cette analyse, publiée dans la revue Annals of Internal Medicine, s’est penchée sur les données de 33 560 adultes âgés de 40 à 79 ans. Au début de l’étude, ces participants ne présentaient ni maladies cardiovasculaires ni cancer et effectuaient moins de 8 000 pas par jour. Pendant une semaine, chacun a porté un bracelet de suivi enregistrant à la fois le nombre total de pas et leur répartition. Les chercheurs ont ensuite suivi l’évolution de leur état de santé sur une période moyenne de huit ans.
Les résultats sont révélateurs : les participants qui effectuaient des marches continues d’une durée de 10 à 15 minutes par jour affichaient une réduction de 4 % du risque d’événements cardiovasculaires, tels qu’un infarctus ou un accident vasculaire cérébral. À l’inverse, ceux dont les marches continues ne duraient que cinq minutes par jour étaient confrontés à un risque accru de 13 % de subir de tels incidents.
L’effet protecteur s’est avéré particulièrement marqué chez le groupe le plus sédentaire, c’est-à-dire ceux qui réalisaient 5 000 pas ou moins par jour. Dans cette catégorie, le risque de développer des maladies cardiovasculaires a diminué de 15 % pour ceux qui marchaient jusqu’à cinq minutes de manière continue, pour tomber à 7 % chez ceux qui prolongaient leurs marches continues jusqu’à 15 minutes.
L’impact sur la mortalité globale a également été significatif. Parmi les participants les plus inactifs, le risque de décès a chuté de 5 % pour ceux qui accumulaient leurs pas par tranches de cinq minutes, pour atteindre moins de 1 % chez ceux qui bénéficiaient de séances continues allant jusqu’à 15 minutes par jour.
Le Docteur Matthew Ahmadi, directeur adjoint du Mackenzie Wearables Research Hub et membre du Charles Perkins Center à l’Université de Sydney, a souligné que « pour les personnes les plus inactives, passer de courtes promenades sporadiques à des marches continues plus longues peut apporter des bénéfices notables pour la santé ». Il a ajouté : « Le simple fait d’intégrer une ou deux promenades plus longues par jour, chacune durant au moins 10 ou 15 minutes à un rythme confortable mais soutenu, peut avoir des avantages substantiels, en particulier pour ceux qui marchent peu. »
Le Professeur Emmanuel Stamatakis, directeur du Mackenzie Wearables Research Hub et responsable du domaine de l’activité physique au Centre Charles Perkins, a insisté sur la nécessité de considérer non seulement la quantité de pas, mais aussi « comment » ils sont effectués. « Nous avons tendance à mettre l’accent sur le nombre de pas ou la quantité totale de marche, mais nous négligeons le rôle crucial des schémas, par exemple, ‘comment’ vous marchez », a-t-il précisé.
Selon le Professeur Stamatakis, cette étude démontre que même les personnes très sédentaires peuvent optimiser les bienfaits pour leur santé cardiaque en adaptant leurs habitudes de marche pour privilégier des sessions plus longues, idéalement d’au moins 10 à 15 minutes lorsque cela est possible.
De son côté, le Docteur Borja del Pozo, co-auteur principal de la recherche et membre de l’Université Européenne, a mis en avant la simplicité des ajustements nécessaires pour récolter ces bénéfices : « Nos recherches montrent que de simples changements peuvent faire une différence pour votre santé. Si vous marchez peu, essayez d’intégrer des moments de marche plus fréquents et sur des durées plus longues. Ces petites modifications peuvent avoir un grand impact. »
En conclusion, l’étude suggère que pour les individus effectuant moins de 8 000 pas par jour, privilégier des marches continues d’une durée minimale de 10 à 15 minutes permettrait de réduire significativement les risques d’événements cardiovasculaires et de mortalité, comparativement à ceux qui fragmentent leur activité en intervalles très courts de moins de cinq minutes.