Alors que le spectre d’une fermeture prolongée du gouvernement fédéral plane sur les États-Unis, certains des plus grands détaillants du pays prennent les devants pour alléger le fardeau financier des ménages les plus vulnérables, sans pour autant combler toutes les brèches.
Face à une inflation tenace qui maintient les prix des produits alimentaires à des niveaux élevés, Walmart, Amazon et Kroger déploient des programmes ciblés offrant des remises, des avantages sur la livraison et des économies sur les abonnements pour les consommateurs éligibles aux aides gouvernementales, comme le programme d’assistance nutritionnelle supplémentaire (SNAP) et le transfert électronique des avantages (EBT).
La sénatrice républicaine du Nebraska, Deb Fischer, a récemment discuté de la durée potentielle de cette fermeture et de ses implications, notamment sur les sanctions russes dans le contexte de la guerre en Ukraine, lors de l’émission « Matinées avec Maria ».
Le nouvel abonnement « Walmart+ Assist » de Walmart divise par deux le coût de son adhésion annuelle, la faisant passer de 98 $ à 49 $ pour les clients inscrits à des programmes d’aide gouvernementaux tels que le SNAP, le programme « Women, Infants and Children » (WIC) et Medicaid. De son côté, Amazon propose une offre similaire avec « Prime Access », un abonnement Prime à tarif réduit pour les clients à faible revenu, intégrant une plateforme de paiement EBT. Kroger a également étendu la possibilité d’utiliser les paiements SNAP pour les commandes en livraison et en retrait, facilitant ainsi l’accès aux courses en ligne pour les bénéficiaires de l’aide de l’État.
Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie plus large des entreprises visant à améliorer « l’accès et l’abordabilité » des produits de première nécessité. Cependant, cette tendance met également en lumière un fossé croissant au niveau des caisses. Les familles dont les revenus dépassent légèrement le seuil d’éligibilité au SNAP se retrouvent contraintes de payer le prix fort pour leurs achats, subissant de plein fouet les mêmes pressions inflationnistes que les autres ménages.
Il est important de noter que les détaillants ne sont pas à l’origine de cette disparité ; ils y réagissent. L’écart découle en grande partie de la structure des programmes d’aide fédéraux, dont les critères de revenus stricts déterminent l’éligibilité. Les entreprises comme Walmart, Amazon et Kroger adaptent leurs offres de remises en fonction de ces politiques existantes, sans les définir elles-mêmes.
Cette situation rappelle une faiblesse structurelle du filet de sécurité sociale américain : les aides gouvernementales et les avantages associés sont souvent supprimés de manière abrupte, laissant les familles modestes, situées juste au-dessus du seuil d’éligibilité, avec peu de soutien.
La fermeture du gouvernement fédéral, débutée le 1er octobre, est entrée dans sa cinquième semaine, atteignant un record de durée. Aucune concession n’est en vue de la part des deux camps sur les priorités de financement, une impasse qui menace directement des programmes fédéraux essentiels, y compris l’aide alimentaire. Sans intervention du Congrès, le financement du SNAP pourrait cesser le 1er novembre, privant plus de 40 millions d’Américains d’un soutien crucial et impactant des dizaines de milliards de dollars de dépenses annuelles dans le secteur alimentaire.