Publié le 29 Octobre 2025. Le rappeur Drake conteste une décision de justice qui avait rejeté sa plainte en diffamation contre Universal Music Group (UMG) concernant des paroles du morceau « Not Like Us » de Kendrick Lamar. Il annonce faire appel, prolongeant ainsi un feuilleton judiciaire qui divise le monde de la musique.
- Drake conteste le rejet de sa plainte en diffamation contre UMG suite à des paroles de Kendrick Lamar le qualifiant de « pédophile certifié ».
- La décision initiale du juge fédéral stipulait que les paroles du morceau ne pouvaient être considérées comme diffamatoires car relevant de l’opinion hyperbolique dans le cadre d’une « guerre des mots ».
- L’équipe juridique de Drake est déterminée à poursuivre l’affaire en appel, arguant que de nombreux fans ont pris ces allégations au sérieux.
Le rappeur Drake, via ses représentants légaux, a officiellement déposé un appel contre la décision rendue le 23 octobre par un juge fédéral américain. Cette décision avait précédemment débouté sa plainte en diffamation dirigée contre son label, Universal Music Group (UMG), concernant des paroles incriminantes prononcées par Kendrick Lamar dans son titre « Not Like Us ». Les avocats de Drake, qui affirment que les paroles ont été prises au pied de la lettre par des millions de fans, ont d’emblée manifesté leur intention de contester ce jugement.
Cette démarche marque le début d’un processus d’appel qui pourrait s’étendre sur plusieurs années, prolongeant ainsi un conflit juridique déjà complexe qui a captivé l’industrie musicale et suscité des réactions variées, parfois moqueuses, dans l’univers du hip-hop. Si la cour d’appel donne raison à Drake, cela pourrait ouvrir la voie à des années de procédures supplémentaires.
Dans le cadre de ce nouveau dépôt judiciaire, Drake a formellement indiqué son souhait de faire appel, sans pour autant détailler les arguments qui seront développés. Ces arguments seront présentés dans des mémoires ultérieurs devant la cour d’appel, où les conseils des deux parties exposeront leurs démonstrations.
« Cela confirme notre intention de faire appel, et nous sommes impatients que la Cour d’appel examine ce dossier dans les semaines à venir », a déclaré un représentant de Drake à Billboard mercredi. Un porte-parole d’UMG n’a pas immédiatement répondu aux sollicitations de commentaires.
Lancé en mai 2024, « Not Like Us » faisait partie d’une série de diss tracks échangés entre Drake et Kendrick Lamar, deux figures majeures d’UMG. La chanson, qui accusait Drake d’être un « pédophile certifié » sur un rythme entraînant, a connu un succès commercial phénoménal, remportant notamment cinq Grammy Awards, dont ceux de l’enregistrement et de la chanson de l’année.
C’est en janvier que Drake avait poursuivi UMG en justice, accusant son propre label de l’avoir diffamé en contribuant à la diffusion de cette chanson. La plainte, qui ne vise pas directement Kendrick Lamar mais plutôt le label, allègue qu’UMG aurait mené une « campagne » contre son propre artiste afin de propager un « récit malveillant » sur la pédophilie, qu’il savait être faux.
Ces allégations avaient sidéré l’industrie musicale. Peu s’attendaient à une riposte judiciaire de la part d’un rappeur face à un morceau diss, une approche qui avait déjà suscité l’indignation dans le milieu hip-hop et les critiques d’experts juridiques. Encore moins anticipaient une action contre UMG, leur label historique et l’un des plus grands empires musicaux mondiaux.
Dix mois après le dépôt de la plainte, la juge Jeannette Vargas a rejeté l’affaire. Elle a estimé que les paroles incriminées relevaient de l’opinion hyperbolique et ne pouvaient donc être considérées comme diffamatoires, car les auditeurs ne les percevraient pas comme des énoncés factuels. La juge a souligné que les fans ne s’attendaient pas à entendre de « rapports factuels précis » dans un morceau « truffé de vulgarités, de propos grossiers, de menaces de violence et de langage figuratif et hyperbolique ».
« La bataille en sept titres entre les artistes constituait une ‘guerre des mots’ qui a fait l’objet d’une surveillance médiatique et d’un débat en ligne intenses », a écrit la juge Vargas. « Bien que l’accusation selon laquelle le plaignant est pédophile soit indéniablement grave, le contexte général d’une joute rap houleuse, marquée par des propos incendiaires et des accusations offensantes lancées par les deux participants, n’inciterait pas un auditeur raisonnable à croire que ‘Not Like Us’ véhicule des faits vérifiables sur le plaignant. »
Dans leur argumentaire d’appel, les avocats de Drake devraient réitérer leur principale thèse : l’idée que de nombreux fans ont effectivement pris ces paroles au sérieux. Dans des documents judiciaires précédents, ils avaient soutenu que « des millions de personnes, à travers le monde, ont compris la [chanson] comme une affirmation factuelle selon laquelle le plaignant est un pédophile ». Ils ont également avancé que la chanson laissait entendre que de telles allégations choquantes étaient fondées sur des « preuves non révélées » relatives aux méfaits de Drake, et que « le public l’avait interprété ainsi ».
Les avocats de Drake devraient arguer non seulement que la juge Vargas s’est trompée dans son jugement, mais aussi qu’elle a statué de manière prématurée. Ils soutiendront probablement que l’affaire présentait une plausibilité juridique suffisante pour survivre à une procédure plus longue, et qu’en la rejetant d’emblée, elle les a injustement privés de l’opportunité de prouver leurs allégations par des preuves tangibles.
Si la cour d’appel valide ces arguments, elle relancera l’affaire et la renverra devant la juge Vargas pour un examen plus approfondi des accusations de Drake, et potentiellement pour un procès devant jury.
