Le ministère de la Défense américain a ordonné l’envoi de dizaines d’avocats militaires vers des missions temporaires, notamment près de la frontière mexicaine et dans la ville de Memphis. Ces affectations, qui pourraient s’étendre jusqu’à l’automne prochain, visent à renforcer les effectifs du ministère de la Justice (DOJ) dans des zones stratégiques.
Une note interne, dont l’Associated Press a eu connaissance, détaille une demande collective pour 48 avocats et 4 juristes de soutien issus des différentes branches de l’armée. Ces professionnels sont appelés à assister les procureurs américains en tant que procureurs spéciaux. Cette initiative s’inscrit dans un effort plus large de l’administration, qui sollicite de plus en plus les ressources militaires pour appuyer sa politique d’immigration.
Dans le détail, le ministère de la Justice a spécifiquement demandé 20 avocats pour ses bureaux à Memphis, ville où la Garde nationale a été déployée. L’ouest du Texas, incluant les villes d’El Paso, Del Rio et Midland, bénéficiera de 12 avocats supplémentaires, tandis que Las Cruces, au Nouveau-Mexique, recevra trois avocats et deux juristes. Ces affectations s’ajoutent à une précédente demande du 26 septembre, qui sollicitait déjà 35 avocats et deux juristes militaires. L’étendue de la réussite de ces appels à volontaires reste floue, mais certains commandements ont activement encouragé leurs juristes à postuler, soulignant l’opportunité de perfectionner leurs compétences judiciaires.
Cette démarche fait suite à une autre initiative, approuvée le mois dernier, qui prévoit l’affectation de jusqu’à 600 avocats militaires pour servir de juges temporaires de l’immigration. L’administration Trump intensifie ainsi son recours à l’armée pour ses opérations de contrôle migratoire, déployant des personnels à la frontière sud et dans plusieurs villes américaines.
Bien que la nature exacte des litiges à traiter par ces avocats militaires ne soit pas précisée, la note indique une préférence pour ceux possédant une « expérience significative » en droit de l’immigration et en droit administratif, en plus d’une expertise générale en poursuites et contentieux. Le Pentagone a affirmé être « fier de se tenir aux côtés de nos partenaires chargés de l’application des lois, en apportant les compétences et le dévouement des militaires américains pour rendre la justice, rétablir l’ordre et protéger le peuple américain ».
Le ministère de la Justice a confirmé l’authenticité de la note, sans toutefois fournir de détails supplémentaires quant aux raisons de cette demande ou aux missions spécifiques des avocats. L’impact potentiel de ces détachements sur le système judiciaire militaire, où les avocats (connus sous le nom de juristes-avocats) assument diverses responsabilités allant des poursuites à la défense, n’est pas encore clairement établi.
Certains services militaires ont présenté ces missions comme une occasion unique d’affiner les compétences en plaidoyer et en procédure judiciaire, potentiellement bénéfique pour leur future carrière au sein du système de justice militaire ou dans le civil. Le général de division Bobby Christine a ainsi décrit ces rôles comme un soutien « aux priorités nationales ». Cependant, le mémo du secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, fixait une échéance courte pour l’identification des candidats, laissant entendre la possibilité d’ordres de mobilisation involontaires.
L’armée et la Marine n’ont pas répondu aux sollicitations concernant le nombre d’avocats affectés, tandis que l’Air Force a renvoyé les questions vers le Pentagone.