Home Économie LARRY KUDLOW : Faites confiance, mais vérifiez lorsqu’il s’agit de la Chine

LARRY KUDLOW : Faites confiance, mais vérifiez lorsqu’il s’agit de la Chine

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L’accord récent entre Donald Trump et le président chinois Xi Jinping sur le fentanyl, les terres rares et les échanges commerciaux a suscité un mélange de prudence et d’optimisme. Si les promesses de Pékin ont historiquement manqué de substance, l’administration américaine semble déterminée à tester la sincérité de cet engagement, tout en se préparant à réagir en cas de manquement.

Il y a sept ans, déjà, lors du G20 à Buenos Aires, le président Trump avait sollicité le président Xi pour qu’il cesse l’exportation de fentanyl vers les États-Unis. La réponse avait été immédiate et positive, mais les faits ont rapidement contredit les paroles. Sept années plus tard, la situation se répète, avec l’espoir cette fois que la Chine tienne ses engagements afin d’éviter de nouvelles tragédies liées à cette drogue mortelle.

Au cœur de cette nouvelle donne, l’utilisation des accords commerciaux comme levier de politique étrangère par les États-Unis prend une importance capitale. L’administration Trump a cherché à contrer les pratiques commerciales jugées déloyales de la Chine, notamment en ce qui concerne le transbordement de marchandises. Des accords signés avec des pays comme l’Australie, le Japon, le Vietnam, la Malaisie, le Cambodge et la Corée du Sud intègrent des clauses visant à encadrer strictement ces pratiques.

Cette stratégie s’est traduite par des avancées notables. L’Australie et le Vietnam disposent désormais de stocks de terres rares, tandis que d’autres nations, y compris les États-Unis, développent leurs propres capacités. Cette diversification devrait, pour une durée d’au moins un an, neutraliser le levier que la Chine exerçait traditionnellement grâce à son monopole sur l’approvisionnement en terres rares. Aucun de ces pays partenaires n’entretient de relations particulièrement favorables avec Pékin, ce qui renforce la cohésion du groupe face aux pressions chinoises.

Cette approche renforce l’idée que le commerce et la politique étrangère sont intrinsèquement liés, un point que la Cour suprême est appelée à considérer. Le président des États-Unis, en tant que commandant en chef, exerce son influence sur la scène internationale, y compris dans l’élaboration de la politique commerciale. Ce voyage présidentiel en Asie du Sud-Est a mis en lumière cette synergie, permettant à Donald Trump de déjouer, d’une certaine manière, les stratégies de Xi Jinping.

La relation sino-américaine connaît ainsi une phase de désescalade, se traduisant par une légère baisse des droits de douane américains sur les produits chinois, passant de 57 % à 47 %. La question reste ouverte quant à la nature de cette nouvelle ère : s’agit-il d’une coopération sino-américaine renouvelée ou d’une étape supplémentaire dans une stratégie de découplage maîtrisé ? Seul l’avenir le dira.

Aucune mention n’a été faite concernant un éventuel accord de la Chine pour cesser ses achats de pétrole russe. Par ailleurs, l’accord sur TikTok semble sur le point d’être conclu.

Dans ce contexte, le représentant américain au Commerce, l’ambassadeur Jamieson Greer, poursuivra l’enquête 301 sur les promesses non tenues par la Chine dans le cadre de l’accord commercial de phase 1, signé sous le premier mandat de Donald Trump. Le président Trump a qualifié la récente rencontre de « note de 12 sur 10 », un score élevé qui suscite l’espoir. Néanmoins, comme le rappelait Ronald Reagan : « Faites confiance, mais vérifiez. »

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