Publié le 2025-10-31 10:47:00. Les tensions en Indo-Pacifique étaient au cœur des discussions à Kuala Lumpur, où le secrétaire américain à la Défense a affirmé la détermination de Washington à défendre ses intérêts face à la Chine, tout en renforçant ses liens sécuritaires avec l’Inde.
- Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a rencontré son homologue chinois, Dong Jun, à Kuala Lumpur, réaffirmant la position américaine sur la défense des intérêts régionaux.
- Un nouvel accord de défense sur dix ans a été signé entre les États-Unis et l’Inde, visant à approfondir la coopération militaire et technologique.
- La question de Taïwan et la liberté de navigation en mer de Chine méridionale demeurent des points de friction majeurs entre Washington et Pékin.
Lors d’une rencontre qualifiée de « bonne et constructive » en marge de la réunion des ministres de la Défense de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), Lloyd Austin a fait part à l’amiral chinois Dong Jun des préoccupations américaines concernant les actions de Pékin en mer de Chine méridionale, autour de Taïwan, et envers les alliés régionaux. « J’ai souligné l’importance de maintenir un équilibre des pouvoirs dans la région Indo-Pacifique », a déclaré Austin sur la plateforme X. « Les États-Unis ne recherchent pas le conflit, mais continueront à défendre vigoureusement leurs intérêts et à garantir qu’ils disposent des capacités nécessaires dans la région. »
La réponse du ministère chinois de la Défense s’est voulue mesurée, réitérant la position de Pékin. Dong Jun a affirmé que la réunification de la Chine avec Taïwan était une « tendance historique inarrêtable » et a appelé les États-Unis à la prudence dans leurs déclarations et actions relatives à l’île. « Nous espérons que les États-Unis traduiront en actions leurs déclarations de non-confinement de la Chine et de non-recherche de conflit, et qu’ils travailleront avec la Chine pour injecter une énergie positive dans la paix et la sécurité régionales et mondiales », a précisé le communiqué chinois.
Cette rencontre fait suite à un échange virtuel entre Austin et Dong en septembre, soulignant les efforts diplomatiques pour gérer les tensions croissantes dans la région Indo-Pacifique, malgré des divergences stratégiques persistantes sur des dossiers tels que Taïwan et la liberté de navigation maritime. Parallèlement, le secrétaire américain a scellé un nouvel accord de défense avec le ministre indien de la Défense, Rajnath Singh, engageant une coopération militaire et technologique étendue sur une décennie. Washington voit en l’Inde un partenaire stratégique clé pour contrer l’influence chinoise dans la région, l’Inde ayant déjà intégré des équipements militaires américains de pointe dans ses forces armées.
« Cela fait progresser notre partenariat de défense, pierre angulaire de la stabilité régionale et de la dissuasion », a commenté Austin sur X, ajoutant que les liens de défense entre les deux nations n’avaient « jamais été aussi forts ». Rajnath Singh a quant à lui souligné l’importance de ce partenariat pour une région Indo-Pacifique « libre, ouverte et fondée sur des règles », y voyant le signe d’une « convergence stratégique croissante » et l’amorce d’une « nouvelle décennie de partenariat ».
Cet accord intervient dans un contexte de relations bilatérales parfois tendues, notamment suite aux sanctions commerciales imposées par l’administration américaine et aux critiques concernant les achats de pétrole russe par l’Inde. Lloyd Austin a également eu des entretiens avec ses homologues malaisien et philippin, réaffirmant l’engagement américain en faveur de la sécurité maritime en mer de Chine méridionale. Les États-Unis entendent « travailler sans relâche pour rétablir la dissuasion dans cette zone stratégique », a-t-il indiqué.
Alors que la Malaisie, bien qu’ayant protesté contre les incursions maritimes chinoises dans ses eaux, privilégie généralement une approche diplomatique discrète, les Philippines ont connu des confrontations plus directes avec la Chine, qui revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, empiétant sur les zones économiques exclusives de plusieurs pays riverains.
Interrogé sur les déclarations du président américain Donald Trump concernant une éventuelle reprise des essais d’armes nucléaires, le ministre malaisien de la Défense, Mohamed Khaled Nordin, a rappelé que l’ASEAN est une zone dénucléarisée et a exprimé la volonté de la région d’éviter tout acte susceptible de « causer une grande calamité à l’humanité ». Le secrétaire général de l’ASEAN, Kao Kim Hourn, a indiqué que certains membres pourraient souhaiter obtenir des éclaircissements de la part de Lloyd Austin à ce sujet lors d’une réunion ASEAN-États-Unis prévue le lendemain. Il a insisté sur l’importance de préserver la sécurité mondiale et de ne jamais assister à l’utilisation d’une nouvelle arme nucléaire.
Donald Trump avait suggéré, la veille, que cette reprise des essais nucléaires permettrait aux États-Unis de se placer « à égalité » avec la Russie et la Chine, sans toutefois fournir de détails concrets sur un possible changement de politique.
Les ministres de la Défense de l’ASEAN doivent poursuivre leurs discussions le lendemain avec divers partenaires de dialogue, dont les États-Unis, la Chine, le Japon, l’Inde, l’Australie, la Corée du Sud et la Russie.