Publié le 08/11/2025 12:46:00. Les syndicats aéronautiques argentins ont unanimement rejeté la dernière proposition salariale d’Aerolíneas Argentinas, jugeant l’offre insuffisante au regard de l’inflation et des retards de rémunération. Ce refus menace de nouvelles perturbations dans le secteur aérien, alors que la compagnie cherche à consolider ses finances après des années de pertes.
- Le rejet concerne une offre couvrant les mois de septembre, octobre et novembre, jugée inférieure aux taux d’inflation.
- Les syndicats réclament une prise en compte des arriérés salariaux accumulés.
- Aerolíneas Argentinas met en avant une amélioration de ses résultats financiers et une restructuration réussie.
La compagnie aérienne nationale argentine, Aerolíneas Argentinas, fait face à un nouveau bras de fer social. Les principales guildes du secteur, représentant les pilotes (APLA), le personnel au sol (APA), le personnel supérieur (UPSA) et le personnel administratif (AAA), ont concerté leur refus de la dernière proposition salariale soumise par la direction. Cette offre, qui reproduisait l’accord conclu avec l’UPCN et couvrait la période de septembre à novembre, n’a pas convaincu les représentants des travailleurs.
Selon un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, les syndicats estiment que la proposition est « inférieure aux taux d’inflation accumulés » et « ne prend pas en considération le retard salarial » subi par les employés. Ils ont exprimé leur volonté de trouver une issue au conflit et d’éviter son aggravation, tout en attendant une offre « plus raisonnable ». Ces discussions interviennent dans un contexte délicat pour la compagnie, qui a subi des perturbations notables en octobre dernier suite à des grèves menées par l’APLA, affectant plus de 120 vols.
Pour Aerolíneas Argentinas, ces conflits sociaux ont des répercussions importantes, non seulement sur les voyageurs et l’image de l’entreprise, mais aussi sur sa rentabilité. La compagnie, qui se targue d’une stratégie de consolidation après plus de quinze ans de dépendance aux fonds publics, vise une autonomie financière totale. Elle prévoit, pour la première fois depuis sa renationalisation en 2008, de ne plus solliciter de financement de l’État pour 2025. Entre 2008 et 2023, la compagnie a reçu environ 8 milliards de dollars de transferts publics. Cette année, elle a annoncé un bénéfice net comptable de 271 milliards de pesos (environ 129,1 millions de dollars) et un excédent brut d’exploitation (EBIT) de 56,6 millions de dollars, des indicateurs jugés positifs et marquant une étape dans sa récente histoire.
Ces avancées financières sont le fruit d’une restructuration engagée il y a près de deux ans. Cette dernière a inclus la suppression de lignes non rentables, le lancement de nouvelles routes à forte demande, notamment sur le plan international, ainsi que des programmes de retraite volontaire ayant permis une réduction des effectifs de 13%. L’entreprise affiche ainsi le plus bas niveau d’employés depuis quatorze ans.
Ces mesures ont cependant un impact sur la part de marché de la compagnie dans le transport intérieur. Selon l’Administration Nationale de l’Aviation Civile (ANAC), en septembre, Aerolíneas Argentinas détenait 58% du marché national, soit une baisse de six points par rapport à l’année précédente. Sur le segment international, la compagnie maintient néanmoins sa position de leader avec une part de 19,6% du transport de passagers à l’étranger.