Publié le 09 novembre 2025 09:02:00. Une nouvelle étude de l’Université de Cambridge, relayée par la Radiological Society of North America, révèle qu’un outil d’intelligence artificielle baptisé *Mirai* est capable d’identifier plus finement les femmes présentant un risque accru de développer un cancer du sein entre deux dépistages.
- L’IA *Mirai* a prédit avec succès 42 % des cancers du sein dits « d’intervalle » chez les femmes les plus à risque.
- L’outil, basé sur l’apprentissage profond, se montre particulièrement performant pour les cancers diagnostiqués dans l’année suivant une mammographie normale.
- Cette technologie pourrait mener à des programmes de dépistage plus personnalisés et donc plus efficaces.
Les chercheurs britanniques ont analysé un volume conséquent de 134 000 mammographies réalisées dans le cadre du programme national de dépistage, portant sur des femmes âgées de 50 à 70 ans. L’étude, publiée par la Radiological Society of North America (RSNA), a ainsi permis de détecter 524 cas de cancers apparus entre les examens de routine.
L’algorithme *Mirai*, développé avec des techniques d’apprentissage profond, a démontré une capacité remarquable à identifier rétrospectivement les cancers d’intervalle. Il a réussi à prédire 42 % de ces cancers chez les 20 % de femmes identifiées comme ayant le risque le plus élevé. Bien que son efficacité soit légèrement diminuée face à un tissu mammaire très dense, l’outil de Cambridge surpasse les méthodes de prédiction conventionnelles. Cette avancée ouvre la voie à une optimisation des stratégies de dépistage, rendant ces derniers plus ciblés et potentiellement plus performants.
L’équipe à l’origine de cette recherche suggère que les femmes identifiées par *Mirai* comme présentant un risque élevé pourraient bénéficier de surveillances renforcées. Cela pourrait inclure des examens d’imagerie complémentaires ou des intervalles de dépistage raccourcis. L’objectif est d’améliorer la détection précoce des tumeurs, y compris celles d’une nature plus agressive, et, à terme, de réduire la mortalité liée à cette pathologie.
Rappelons que le cancer du sein demeure le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les femmes à l’échelle mondiale, représentant environ 12 % de tous les nouveaux cas de cancer chaque année, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Dans un contexte de systèmes de santé publics souvent sous forte pression, l’intégration de solutions d’intelligence artificielle dans les programmes de dépistage apparaît comme une piste prometteuse pour optimiser l’allocation des ressources et adapter la fréquence des examens aux risques individuels.