Publié le 8 février 2026. Rester physiquement actif après un traitement de la fibrillation auriculaire pourrait réduire de moitié le risque de récidive, selon une nouvelle étude de l’Université du Colorado, offrant aux patients un moyen simple et abordable d’améliorer leur santé cardiaque à long terme.
- Une activité physique modérée d’au moins 90 minutes par semaine diminue significativement le risque de réapparition de la fibrillation auriculaire après une ablation par cathéter.
- Même une activité physique régulière de seulement 15 minutes la plupart des jours de la semaine peut avoir un impact positif sur la prévention de la récidive.
- L’exercice physique contribue également à une meilleure gestion de la tension artérielle, du sommeil, de l’humeur et du poids, autant de facteurs importants pour la stabilité du rythme cardiaque.
La fibrillation auriculaire (FA), le trouble du rythme cardiaque le plus courant dans le monde, est associée à un risque accru d’accident vasculaire cérébral, d’insuffisance cardiaque et d’hospitalisations répétées. L’ablation par cathéter, une procédure visant à rétablir un rythme cardiaque normal, est souvent efficace, mais la récidive reste un défi majeur pour les patients et les médecins.
Des chercheurs de la CU Anschutz Medical Campus ont analysé les données de 163 adultes ayant subi une ablation par cathéter. Ils ont suivi leurs niveaux d’activité physique à l’aide de dispositifs portables et ont surveillé l’évolution de leur rythme cardiaque au fil du temps. Les résultats, publiés ce mois-ci dans le Journal d’électrophysiologie cardiaque interventionnelle, démontrent un lien clair entre l’activité physique et la réduction du risque de récidive.
« La fibrillation auriculaire a souvent tendance à réapparaître, même après une ablation techniquement réussie, ce qui peut être très frustrant pour les patients et les cliniciens », explique le Dr Lohit Garg, professeur adjoint de cardiologie à la CU Anschutz et auteur principal de l’étude.
« Nos résultats suggèrent qu’un exercice modéré de 30 minutes trois fois par semaine, une activité réalisable pour la plupart des gens, peut aider à se protéger contre la récidive après avoir subi une ablation par cathéter. »
Lohit Garg, professeur adjoint de cardiologie, École de médecine CU Anschutz
L’étude a révélé que les patients qui pratiquaient au moins 90 minutes d’activité physique modérée par semaine (marche rapide, vélo, natation, jardinage, etc.), comme le recommande l’American Heart Association, étaient significativement moins susceptibles de voir leur FA réapparaître. Après avoir pris en compte des facteurs tels que l’âge, les médicaments et la structure cardiaque, les chercheurs ont constaté que l’exercice modéré réduisait le risque de récidive de près de 50 %.
Selon le Dr Garg, cette recherche apporte une réponse aux interrogations fréquentes des patients concernant les mesures qu’ils peuvent prendre, en plus des médicaments et des procédures, pour réduire le risque de récidive de la FA. « L’activité physique pourrait directement contribuer à la pérennité du traitement contre la fibrillation auriculaire », souligne-t-il.
Les chercheurs insistent sur l’importance de consulter un médecin avant de commencer ou de modifier un programme d’exercice, en particulier après une intervention cardiaque. Ils soulignent également que l’exercice devrait faire partie intégrante des discussions post-ablation avec les patients, car il s’agit d’une intervention qu’ils peuvent contrôler eux-mêmes et qui peut avoir un impact significatif sur leur rétablissement à long terme.
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Référence du journal :
Nabrzyski, RJ, et al. (2026). Impact de l’activité physique sur la récidive de la fibrillation auriculaire après ablation par cathéter. Journal d’électrophysiologie cardiaque interventionnelle. https://link.springer.com/epdf/10.1007/s10840-025-02230-5