Publié le 7 février 2024 19:03:00. L’Union européenne pourrait durcir les réglementations concernant les poêles à bois, à la suite de nouvelles études mettant en évidence les risques sanitaires liés à la combustion du bois et de la tourbe. Cette initiative pourrait avoir des conséquences importantes pour les centaines de milliers de foyers irlandais qui utilisent ces systèmes de chauffage.
- La fumée des poêles à bois est associée à un risque accru de maladies respiratoires, cardiaques et même de cancer.
- Le Royaume-Uni envisage d’interdire la vente et l’installation de poêles à bois neufs.
- L’Irlande a déjà renforcé ses règles en 2022, mais les défenseurs de l’environnement estiment que ces mesures ne sont pas suffisantes.
Les poêles à bois, à tourbe et à bûches sont un élément traditionnel de nombreux foyers irlandais, mais leur impact sur la santé publique et l’environnement est de plus en plus remis en question. Des études récentes suggèrent que la combustion du bois libère des particules fines nocives, potentiellement aussi dangereuses que la fumée de cigarette.
Au Royaume-Uni, le gouvernement étudie sérieusement des mesures drastiques, allant de restrictions sévères à une interdiction pure et simple de la vente et de l’installation de ces appareils dans les nouvelles constructions. Un rapport indique que le National Health Service (NHS) britannique pourrait économiser jusqu’à 60 millions d’euros par an (environ 63 millions de dollars américains) en réduisant les coûts de traitement des maladies respiratoires et autres liées à la pollution de l’air intérieure causée par ces systèmes de chauffage. Le même rapport estime que jusqu’à 1 500 décès chaque année pourraient être évités.
En Irlande, des règles plus strictes ont été mises en place en 2022, conformément à la réglementation européenne dite « d’écoconception ». Cette réglementation impose des limites aux émissions de gaz et exige que le bois ou le charbon brûlé respecte des normes d’humidité spécifiques. L’utilisation de la tourbe, une source de combustible traditionnelle extraite des tourbières, est également de plus en plus encadrée.
Ces nouvelles réglementations ont rendu de nombreux poêles existants non conformes et ont incité les constructeurs de maisons neuves à limiter, voire à supprimer, les cheminées. Cependant, des organisations environnementales et des responsables européens estiment que ces mesures ne suffisent pas à protéger la santé publique.
La Commission européenne prévoit de « réexaminer » la réglementation cette année, avec la possibilité d’aller plus loin, voire d’interdire complètement l’utilisation de poêles à bois dans les zones urbaines. Une telle décision pourrait susciter de vives réactions en Irlande, où, selon le recensement de 2022, des centaines de milliers de foyers utilisent le bois comme source de chauffage principale ou secondaire. On estime que jusqu’à 400 000 foyers utilisent des poêles à bois, des foyers en fonte ou des appareils similaires, selon CorkBeo.
Environ 30 000 foyers, principalement situés en zones rurales et souvent occupés par des personnes âgées, dépendent du bois et de la tourbe comme principale source de chauffage. Des études suggèrent que la fumée et les particules émises par ces poêles peuvent être aussi nocives que la fumée de tabac. Ces systèmes de chauffage contribuent à la pollution de l’air intérieur et extérieur, libérant des particules fines qui provoquent des problèmes de santé et respiratoires, notamment l’asthme infantile.
Des analyses ont révélé que jusqu’à 55 % des particules fines émises par les poêles à bois, même les modèles récents, sont constituées de carbone noir, une substance aussi toxique que celle émise par les véhicules diesel.
Si les arguments médicaux et environnementaux sont solides, il est également important de souligner que de nombreux foyers irlandais dépendent des poêles à bois comme source de chauffage abordable et fiable, utilisant souvent des combustibles locaux et moins sensibles aux fluctuations des marchés mondiaux de l’énergie.
L’Union européenne devrait donc faire face à des réactions fortes lors de la révision de la réglementation prévue plus tard cette année.