Publié le 11 février 2026 à 00h30. L’activité physique, en particulier lorsqu’elle est pratiquée en groupe, pourrait constituer une première ligne de traitement efficace contre la dépression légère et l’anxiété, selon une vaste étude scientifique. Les jeunes adultes et les nouvelles mères semblent particulièrement réceptives à ces bienfaits.
- L’exercice aérobique, comme la course, la natation ou la danse, peut atténuer les symptômes de la dépression et de l’anxiété.
- Les activités de groupe et les programmes supervisés semblent amplifier les effets positifs de l’exercice sur la santé mentale.
- L’étude souligne que l’exercice ne doit pas remplacer les traitements traditionnels, mais plutôt les compléter.
Une analyse approfondie de 63 études, portant sur près de 80 000 participants, révèle le potentiel de l’activité physique dans la lutte contre les troubles mentaux. Les chercheurs ont examiné l’impact de diverses formes d’exercice – aérobique, résistance, yoga, tai-chi – sur la dépression et l’anxiété, en tenant compte de l’âge, du sexe et de la situation des participants, notamment les femmes enceintes et les jeunes mères.
Les exercices aérobiques, ceux qui augmentent le rythme cardiaque, se sont avérés les plus efficaces pour réduire la dépression. L’entraînement en résistance et le yoga ont également montré des effets bénéfiques, mais dans une moindre mesure. Concernant l’anxiété, l’impact de l’exercice était globalement plus faible, mais les programmes de faible intensité, même sur quelques mois, pouvaient s’avérer utiles.
Selon le Dr Neil Munro, psychologue à l’Université James Cook du Queensland (Australie), l’exercice peut avoir un effet comparable, voire supérieur, aux traitements conventionnels.
« Bouger, sous la forme qui convient le mieux à chaque personne, peut aider à atténuer les symptômes de dépression et d’anxiété. »
Neil Munro, psychologue à l’Université James Cook du Queensland
Il souligne l’importance de la dimension sociale : participer à des activités de groupe ou à des séances encadrées semble renforcer les effets positifs, suggérant que la socialisation joue un rôle crucial dans l’amélioration de l’état mental.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que plus de 280 millions de personnes dans le monde souffrent de dépression et 301 millions de troubles anxieux. Au Royaume-Uni, et dans de nombreux autres pays, on observe une augmentation significative des cas chez les jeunes adultes (16 à 24 ans) au cours de la dernière décennie. Une enquête récente du NHS révèle l’ampleur de ce phénomène. Par ailleurs, entre 15 et 20% des nouvelles mères sont touchées par la dépression et l’anxiété au cours de la première année suivant l’accouchement. Les données de prévalence sont disponibles sur le site du National Institute for Health and Care Excellence.
Le Dr Brendon Stubbs, du King’s College de Londres, invite toutefois à la prudence dans l’interprétation de ces résultats, soulignant qu’ils reposent principalement sur des cas légers ou subcliniques.
« Pour les personnes présentant des symptômes légers ou subcliniques, l’exercice peut raisonnablement être considéré comme une option de traitement de première ligne. Cependant, aucune preuve de cette étude, ni de la littérature scientifique existante, ne suggère que les gens devraient modifier ou interrompre les traitements établis tels que la psychothérapie ou les médicaments. »
Dr Brendon Stubbs, King’s College de Londres
Il rappelle que pour les personnes souffrant de dépression sévère, même les activités quotidiennes les plus simples peuvent être difficiles, et que leurs symptômes doivent souvent s’améliorer avant de pouvoir envisager de faire de l’exercice.
Le professeur Michael Bloomfield, psychiatre à l’UCL, se montre optimiste quant à ces découvertes.
« C’est une bonne nouvelle que les exercices de groupe, comme la Zumba, puissent réduire les symptômes d’anxiété et de dépression chez certaines personnes, probablement grâce à un mélange d’activité physique, de liens sociaux, de plaisir, de danse et de routine, et les preuves le soutiennent comme un complément potentiellement utile aux soins. »
Professeur Michael Bloomfield, psychiatre à l’UCL
Il insiste cependant sur le fait que pour de nombreuses personnes souffrant de dépression plus grave, participer à des activités de groupe énergiques peut être irréaliste. L’exercice doit donc être envisagé comme un complément, et non comme un substitut, aux traitements éprouvés tels que les thérapies psychologiques et les médicaments, lorsque ceux-ci sont cliniquement indiqués.
L’étude complète a été publiée dans le British Journal of Sports Medicine.
Une autre étude récente suggère que la consommation de deux à trois tasses de thé ou de café par jour pourrait réduire le risque de démence.