Home Accueil La nomination de Stakeknife par le Taoiseach fait pression sur le gouvernement britannique pour qu’il fasse de même – The Irish Times

La nomination de Stakeknife par le Taoiseach fait pression sur le gouvernement britannique pour qu’il fasse de même – The Irish Times

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Publié le 12 février 2026 00:55:00. Le Premier ministre irlandais, Micheál Martin, a officiellement identifié Freddie Scappaticci comme l’agent britannique connu sous le nom de Stakeknife, ravivant les tensions liées au renseignement et à la violence durant les Troubles en Irlande du Nord. Cette annonce intervient après des années de pressions pour révéler l’identité de cet informateur controversé.

  • Micheál Martin a publiquement désigné Freddie Scappaticci comme Stakeknife lors d’un débat parlementaire sur l’opération Kenova, l’enquête sur les activités de renseignement.
  • La décision du Taoiseach contraste avec la position du gouvernement britannique, qui continue de refuser de confirmer l’identité des agents de renseignement.
  • L’annonce a été saluée par les familles des victimes, mais soulève des questions sur la protection des agents infiltrés et l’accès aux informations sensibles.

L’identité de Stakeknife, un informateur présumé au sein de l’IRA provisoire, était un secret bien gardé pendant des décennies. Les rumeurs désignaient Freddie Scappaticci comme l’agent en question, mais aucune confirmation officielle n’avait jamais été faite. Mercredi, lors d’une séance au Dáil, le Premier ministre irlandais a brisé le silence.

« L’identité de Stakeknife est claire pour tous ici et j’ai déjà déclaré que l’agent devrait être officiellement nommé par le gouvernement britannique. »

Micheál Martin, Taoiseach

Martin a précisé que Scappaticci avait été recruté par l’armée britannique à la fin des années 1970 et avait travaillé avec elle jusqu’aux années 1990, fournissant des informations précieuses. Il a également souligné le rôle trouble de Stakeknife dans des « crimes grotesques et graves » commis par l’IRA provisoire.

L’annonce a rapidement fait les manchettes. La BBC d’Irlande du Nord a titré : « Le Taoiseach nomme Stakeknife au parlement irlandais », tandis que le Belfast Telegraph a publié : « Le Taoiseach nomme Freddie Scappaticci comme ancien agent britannique Stakeknife au Dáil ».

Cette révélation intervient après une pression croissante de la part des familles des victimes et des commissions d’enquête. Le rapport de l’opération Kenova, publié début décembre, avait déjà soulevé des questions sur le rôle de Scappaticci et la nécessité d’une plus grande transparence. Plus d’informations sur l’annonce du Taoiseach.

Le secrétaire d’État pour l’Irlande du Nord, Hilary Benn, avait cependant rejeté, quelques heures plus tôt à la Chambre des Communes, les appels à identifier Stakeknife. Cette attitude contrastait avec la démarche de Martin, qualifiée par un conseiller de l’Irish Times de simple acte de « transparence, pas plus ».

À Belfast, la décision de Martin a été accueillie avec attention, notamment par l’avocat Kevin Winters, qui représente les familles de victimes, dont certaines auraient été tuées à cause d’informations fournies par Scappaticci. Winters a souligné les « commentaires très forts » du chef de la police du Service de police d’Irlande du Nord, Jon Boutcher, lors de la publication du rapport Kenova.

La commission des affaires d’Irlande du Nord de la Chambre des Communes avait également estimé, lundi, qu’il était « approprié, proportionné et fortement dans l’intérêt public » de nommer Scappaticci, malgré la politique habituelle de non-confirmation de l’identité des agents. Recommandations du comité de Westminster.

Le gouvernement britannique, qu’il soit travailliste ou conservateur, maintient depuis des décennies une politique de « ni confirmation, ni infirmation » concernant l’identité des agents de renseignement. Cependant, la décision du Taoiseach pourrait remettre en question cette approche.

La députée galloise Tonia Antoniazzi, présidente de la commission des affaires d’Irlande du Nord, a déclaré que le gouvernement britannique se cachait derrière une décision de la Cour suprême du Royaume-Uni, publiée en décembre dans l’affaire Liam Paul « Topper » Thompson, pour éviter de nommer Scappaticci. Thompson avait été assassiné par l’Ulster Defence Association en 1994, et sa famille soupçonne l’implication d’un agent britannique.

Les avocats de Benn ont soutenu que la sécurité nationale devait primer et que les tribunaux devraient se conformer aux souhaits de l’exécutif. Parallèlement, les avocats de la famille d’Anthony McKiernan ont récemment demandé des informations sur son assassinat en 1988 par l’IRA, qui l’avait accusé d’être un informateur – une allégation toujours contestée par sa famille.

Scappaticci et McKiernan étaient amis proches, leurs enfants jouant ensemble. Cette relation n’a pas protégé McKiernan, qui a été attiré dans un piège par Scappaticci en janvier 1988 et retrouvé mort peu après.

Selon Winters, la décision de la Cour suprême ne constitue pas un obstacle insurmontable à l’identification des agents. Analyse du rapport Kenova.

Antoniazzi estime que le gouvernement britannique utilise la Cour suprême comme prétexte pour éviter de reconnaître la nécessité d’une plus grande transparence. Elle a appelé le gouvernement britannique à suivre l’exemple du Taoiseach et à nommer officiellement Scappaticci à la Chambre des Communes.

« Il y a une question d’urgence ici. Cela doit être fait à la Chambre des Communes. Maintenant que cela a été mentionné au Dáil, cela doit être fait ici. Il n’est pas nécessaire de donner un coup de pied plus tard. »

Tonia Antoniazzi, députée galloise

Antoniazzi a souligné que les agents de renseignement peuvent être assurés de leur protection, mais que ceux qui se sont livrés à des comportements répréhensibles, comme Scappaticci, ne devraient pas bénéficier d’une impunité.

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