Une tension palpable a marqué la rencontre de curling entre le Canada et la Suède aux Jeux olympiques, ce vendredi 9 février, culminant dans un échange virulent entre joueurs. L’équipe canadienne, menée par Brad Jacobs, s’est imposée 8 à 6, mais la victoire a été assombrie par des accusations de triche et des contestations sur le respect des règles.
Les premières frictions sont apparues en début de match, lorsque l’équipe suédoise, emmenée par Niklas Edin, a signalé aux arbitres que des joueurs canadiens semblaient toucher la pierre après l’avoir lâchée. Ils ont demandé une surveillance accrue des livraisons suivantes. L’équipe canadienne a immédiatement répliqué en demandant le même contrôle pour les Suédois, installant une atmosphère glaciale sur la glace.
L’incident le plus marquant s’est produit lors de l’avant-dernière manche, alors que la Suède marquait deux points, laissant le Canada avec le dernier tir et une avance de 7 à 6. Marc Kennedy, troisième canadien, et Oskar Eriksson, son homologue suédois, se sont livrés à un échange particulièrement houleux. Eriksson a menacé de montrer à Kennedy des images prouvant que ce dernier touchait la pierre illégalement. La réponse de Kennedy a été cinglante : « Allez vous faire foutre. »
Interrogé après le match, Kennedy a justifié sa réaction : « C’est le sport. Ce sont les Jeux olympiques. Les deux équipes se battent pour gagner. Oskar nous accusait de tricher. Je n’ai pas apprécié. Je pratique le curling professionnellement depuis 25 ans. » Il a ajouté, visiblement agacé : « Il y a des dispositifs de ligne porcine, je ne sais pas. Et il continue de nous accuser de tricherie. Je n’ai pas aimé ça, alors je lui ai dit où aller. Parce que nous ne sommes pas l’équipe à qui faire ça. Je m’en fiche. »
Le curling a introduit des poignées électroniques sur les pierres pour ces Jeux, équipées de capteurs tactiles et de bandes magnétiques intégrées à la glace. Ces dispositifs sont censés signaler en rouge tout contact persistant avec la pierre après la ligne de hog (la ligne de lancement). Eriksson a précisé que l’équipe suédoise estimait que Kennedy touchait directement la pierre, et non la poignée électronique, ce qui expliquerait l’absence d’alerte rouge.
« Il a demandé qui, selon nous, avait franchi la ligne de hog et j’ai souligné qui, selon nous, touchait la pierre », a expliqué Eriksson. « Ce n’était évidemment pas un feu rouge, mais certains joueurs touchent la pierre selon nous. Et ce n’est pas autorisé… Nous l’avons signalé aux arbitres. Ils ont mal interprété les règles, malheureusement, pensant que toucher n’importe quelle partie de la pierre était acceptable. Or, on ne peut toucher que la partie électronique de la poignée. »
Le capitaine suédois Edin a exprimé sa tristesse face à cette escalade : « Nous sommes tous de très bons amis, nous nous connaissons depuis 20 ans. Et ce genre de contestations arrive parfois. C’est dommage qu’il y ait des discussions animées sur la glace au lieu de simplement jouer au curling selon les règles. »
À la suite de ces incidents, World Curling a confirmé que des arbitres avaient été placés sur la ligne de hog pour surveiller les livraisons pendant les trois manches suivantes. Leur observation n’a révélé aucune infraction ni contact illégal avec la pierre.