Une intelligence artificielle pourrait bientôt révolutionner le diagnostic du placenta accreta, une complication potentiellement mortelle de la grossesse. Des chercheurs américains ont développé un modèle capable de détecter cette anomalie avec une grande précision, offrant ainsi l’espoir d’une meilleure prise en charge des patientes à risque.
Présentés lors du congrès “Réunion de grossesse” de la Society for Maternal-Fetal Medicine (SMFM) entre le 8 et le 13 février 2026, les résultats de cette IA sont prometteurs. L’outil a été testé sur des échographies obstétricales en 2D de 113 femmes à risque, ayant accouché dans un hôpital américain entre 2018 et 2025. Il a identifié correctement tous les cas de placenta accreta, sans aucun faux négatif. Seuls deux faux positifs ont été enregistrés.
Le placenta accreta se caractérise par une implantation anormale du placenta dans la paroi utérine, l’empêchant de se détacher naturellement après l’accouchement. Cette complication, de plus en plus fréquente, peut entraîner de graves hémorragies et mettre en danger la vie de la mère. Aux États-Unis, l’incidence a considérablement augmenté, passant de 1 cas pour 2 510 accouchements dans les années 1970 à 1 cas pour 272 entre 1998 et 2011, selon une étude relayée par le Manuel MSD.
Cette hausse inquiétante est étroitement liée à l’augmentation du nombre de césariennes. En effet, une grossesse antérieure ayant nécessité une césarienne augmente significativement le risque de développer un placenta accreta. Le Manuel MSD souligne également que l’âge plus tardif des grossesses contribue à cette tendance.
L’augmentation du nombre de césariennes est un phénomène mondial. En France, 21,4 % des accouchements se sont déroulés par césarienne en 2021, selon l’Enquête nationale périnatale, ce qui représente près d’une femme sur cinq. Une enquête nationale sur la stratégie de prise en charge du placenta accreta a confirmé que cette complication est en augmentation partout dans le monde.
« Notre équipe est très enthousiaste quant aux implications cliniques potentielles de ce modèle pour un diagnostic précis et précoce », explique la Dre Alexandra L. Hammerquist, l’une des auteures de l’étude. « Nous espérons que son utilisation comme outil de dépistage contribuera à réduire la morbidité et la mortalité maternelles liées à la présence de placenta accreta. »