Publié le 16 février 2024 14h18. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé une action rapide pour encadrer l’accès des jeunes aux réseaux sociaux, face à une inquiétude croissante concernant leur impact sur leur bien-être. Des mesures allant jusqu’à une interdiction pour les moins de 16 ans sont à l’étude.
- Le gouvernement britannique lancera en mars une consultation de trois mois sur l’interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs et la limitation du défilement infini.
- Des restrictions sur l’accès aux VPN et aux chatbots d’intelligence artificielle sont également envisagées pour renforcer la sécurité en ligne des enfants.
- L’exécutif britannique souhaite agir « en quelques mois, et non en quelques années » pour protéger les jeunes des plateformes addictives.
Keir Starmer a exprimé sa préoccupation face à l’exposition des enfants aux dangers en ligne, reconnaissant l’inquiétude généralisée des parents. Il a souligné la nécessité d’une action rapide et efficace pour garantir la sécurité des jeunes, tout en préservant un accès raisonnable à l’information.
« Je ne pense pas qu’il y ait un seul parent dans le pays qui ne s’inquiète pas de cela », a déclaré le Premier ministre lors d’une visite dans un centre communautaire londonien. Il a insisté sur le fait que le statu quo est insuffisant et que des mesures concrètes doivent être prises pour protéger les enfants.
« Le statu quo, tel qu’il est actuellement, n’est pas suffisant. Personne ne peut prétendre que les choses peuvent rester telles quelles. Ils ne le peuvent pas, ils ne protègent pas les enfants et nous avons l’intention d’agir. »
Keir Starmer, Premier ministre britannique
L’annonce intervient alors que d’autres pays, comme l’Espagne, la Grèce et la Slovénie, envisagent des interdictions similaires. Des défenseurs de la sécurité en ligne plaident également pour une réglementation plus stricte des grandes entreprises technologiques, les comparant aux banques et exigeant une responsabilisation accrue des dirigeants en matière de sécurité des produits.
Le gouvernement britannique prévoit d’introduire ces mesures par le biais d’un amendement à la législation existante en matière de criminalité et de protection de l’enfance. Cette approche pourrait réduire le contrôle parlementaire sur les futures restrictions.
Parallèlement, l’exécutif britannique entend lutter contre les contournements de ces restrictions, notamment en envisageant de limiter l’accès des enfants aux réseaux privés virtuels (VPN), qui permettent de masquer l’adresse IP et de contourner les blocages géographiques. La consultation publique abordera également la question des restrictions d’âge pour les VPN.
Des mesures supplémentaires visent à encadrer l’utilisation des chatbots d’intelligence artificielle, notamment en interdisant la création d’images sexualisées sans consentement, suite à des controverses concernant des outils comme Grok d’Elon Musk.
Cependant, ces mesures suscitent des inquiétudes quant à leur impact sur la vie privée des adultes et leur accès aux services en ligne. Certains sites web, comme Imgur, ont déjà bloqué l’accès aux utilisateurs britanniques en réponse à des règles de vérification de l’âge plus strictes, tandis que des sites pornographiques ont pris des mesures similaires, arguant que ces exigences portent atteinte à la vie privée et pourraient être dangereuses.