Lima, Pérou – Le parti Fuerza Popular a annoncé son soutien à María del Carmen Alva, députée d’Action Populaire, pour la présidence du Congrès péruvien, dans un contexte de tensions politiques et de recherche de stabilité après la destitution de José Jerí.
- Fuerza Popular soutiendra la candidature de María del Carmen Alva à la présidence du Congrès.
- Le parti propose un plan de sécurité et de lutte contre la criminalité comprenant une participation accrue de l’armée.
- Des divisions internes au sein de Fuerza Popular persistent quant à la stratégie de vote.
Après la censure de José Jerí, le paysage politique péruvien reste incertain. Fuerza Popular, un parti clé du Congrès, a finalement décidé de rallier sa voix à celle de María del Carmen Alva, une décision motivée par la volonté, selon ses dirigeants, de mettre fin à l’instabilité politique et de répondre aux préoccupations croissantes en matière de sécurité.
César Revilla, porte-parole du groupe Fuerza Popular, a justifié ce choix lors d’une conférence de presse.
« Nous nous sommes opposés à la censure non pas à cause des personnes mais pour éviter une plus grande instabilité, nous ne défendons pas les gouvernements mais le Pérou. Nous croyons que le pays ne peut pas résister à davantage d’improvisations ou de calculs politiques. »
Il a souligné la nécessité d’un accord national basé sur cinq axes prioritaires.
Parmi ces axes, le renforcement de la sécurité occupe une place centrale. Fuerza Popular propose notamment une participation active des Forces armées aux côtés de la police dans la lutte contre la criminalité, avec des opérations permanentes de traque et un renforcement du renseignement. Le parti plaide également pour une présence policière accrue dans les transports publics de Lima, le travail obligatoire pour les détenus, un contrôle conjoint des prisons par la police et l’armée, ainsi que l’expulsion immédiate des étrangers en situation irrégulière. Enfin, il insiste sur la garantie du droit de vote en assurant l’ouverture et le fonctionnement de tous les centres de vote.
Cependant, l’unité au sein de Fuerza Popular n’est pas totale. Des sources accréditées de Pérou21 révèlent des divisions entre les députés provinciaux, qui penchent pour une abstention afin d’éviter de prendre la responsabilité du choix final, et ceux de Lima, qui privilégient le soutien à María del Carmen Alva, perçue comme un « moindre mal » capable de garantir la continuité de la politique économique actuelle et d’éviter de nouvelles sources d’instabilité.
Les parlementaires de la capitale estiment qu’Alva est la candidate la plus susceptible de maintenir un cap économique stable.
« Elle est celle qui garantit, d’une manière ou d’une autre, la poursuite sans heurt de la politique économique actuelle et l’évitement des mesures génératrices d’instabilité. »
L’élection du nouveau président du Congrès est prévue pour ce soir à partir de 18 heures. Outre María del Carmen Alva, les candidats sont Edgard Reymundo du Bloc Démocratique Populaire, José María Balcázar du Pérou Libre et Héctor Acuña d’Honneur et Démocratie. Alva avait déjà bénéficié du soutien de Fuerza Popular lors de son élection à la tête du Conseil d’administration législatif pour la période 2021-2022, dans le cadre d’un bloc démocratique plus large incluant également Avanza País, Alianza para el Progreso, Somos Perú et Acción Popular.