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« Aucune véritable conclusion clinique ne peut être tirée »

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Publié le 2024-02-29 10:15:00. Des chercheurs ont publié des résultats encourageants concernant un vaccin expérimental contre le cancer du sein triple négatif, l’une des formes les plus agressives de la maladie, grâce à la technologie de l’ARN messager (ARNm). Cette avancée relance l’espoir d’une nouvelle approche immunothérapeutique pour prévenir les rechutes.

  • Un essai clinique mené auprès de 14 patientes atteintes d’un cancer du sein triple négatif a montré que 11 d’entre elles sont restées en rémission six ans après la vaccination.
  • Ces vaccins ne visent pas à guérir le cancer, mais à stimuler le système immunitaire pour empêcher la propagation des cellules tumorales (métastases).
  • La technologie de l’ARNm offre la possibilité de créer des vaccins personnalisés, adaptés au profil spécifique de chaque cancer.

La recherche sur les vaccins contre le cancer, un domaine en pleine effervescence, s’appuie sur les progrès récents de la technologie de l’ARN messager, popularisée par les vaccins contre la Covid-19. Si les premiers développements de l’ARNm visaient déjà la prévention des rechutes cancéreuses, la pandémie a accéléré les recherches et permis de valider cette approche.

Mercredi dernier, la revue Nature a publié les résultats d’une étude prometteuse menée par BioNTech sur un vaccin contre le cancer du sein triple négatif. L’essai clinique a inclus 14 femmes suivies dans différents hôpitaux allemands et suédois. Les données révèlent qu’onze de ces patientes n’ont présenté aucun signe de récidive après six ans.

Il est important de souligner que ces injections relèvent de l’immunothérapie et ne sont pas des vaccins préventifs au sens strict. Elles agissent en renforçant les défenses immunitaires du patient pour qu’il puisse reconnaître et détruire les cellules cancéreuses. De plus, il n’existe pas de « vaccin universel » contre le cancer, car cette maladie se manifeste sous de nombreuses formes différentes.

L’oncologue Víctor Moreno, de l’hôpital universitaire de la Fondation Jiménez Díaz, met en garde contre toute interprétation hâtive de ces résultats. Il explique :

« C’est assez complexe. Cette étude est une phase 1, mais très « preuve de concept ». Aucune véritable conclusion clinique ne peut être tirée, mais plutôt une conclusion de laboratoire. »

Víctor Moreno, oncologue à l’hôpital universitaire de la Fondation Jiménez Díaz. Il précise également qu’il mène actuellement un autre essai de phase I d’un vaccin BioNTech contre le cancer du poumon. Plus d’informations sur les essais cliniques en cours.

« Il faut prendre ces données avec prudence », poursuit-il. « Le fait même que l’étude ait été publiée dans Nature indique qu’il s’agit d’une découverte scientifique fondamentale, qui contribue à notre compréhension des mécanismes biologiques et confirme que les vaccins contre le cancer peuvent induire une réponse immunitaire. Mais cela ne signifie pas que nous disposons déjà de résultats cliniques transposables à l’ensemble des patients. »

Concernant les délais nécessaires pour obtenir des résultats plus probants, le Dr Moreno souligne que ces études « adjuvantes » nécessitent des années de suivi. « Les patients doivent être vaccinés après avoir terminé un traitement considéré comme curatif, puis suivis pendant plusieurs années pour évaluer le taux de rechute dans le groupe vacciné par rapport à un groupe témoin », explique-t-il.

Enfin, il met en avant la flexibilité de la technologie de l’ARNm, qui permet de concevoir des vaccins personnalisés.

« Il n’y a pas deux cancers identiques, il faut donc obtenir des vaccins personnalisés, et c’est très difficile avec d’autres technologies. »

Víctor Moreno, oncologue à l’hôpital universitaire de la Fondation Jiménez Díaz.

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