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Immunothérapie pour les tumeurs solides

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Publié le 2026-02-20 12:33:00. Des avancées significatives dans la lutte contre les tumeurs solides ont été présentées au Congrès allemand sur le cancer, notamment grâce à de nouvelles immunothérapies comme les anticorps bispécifiques et les cellules CAR-T, mais des défis majeurs persistent pour garantir leur efficacité à grande échelle.

  • Les anticorps bispécifiques (bsAb) gagnent du terrain, avec plus de 50 % des anticorps thérapeutiques nouvellement approuvés relevant de cette catégorie.
  • La thérapie cellulaire CAR-T, bien que prometteuse, nécessite des améliorations pour une meilleure pénétration dans les tissus tumoraux et une stimulation accrue de la réponse immunitaire.
  • La vaccination contre le cancer à l’aide de peptides, ciblant des antigènes spécifiques, montre des résultats encourageants, notamment chez les patients atteints de leucémie lymphoïde chronique (LLC).

L’immunothérapie, déjà bien établie dans le traitement des cancers hématologiques, progresse lentement mais sûrement dans le domaine des tumeurs solides. Si les résultats sont encourageants, les experts soulignent la nécessité de surmonter des obstacles importants pour étendre les bénéfices de ces thérapies à un plus grand nombre de patients. C’est ce qui ressort du Congrès allemand sur le cancer, où les dernières recherches et innovations ont été présentées.

Les anticorps bispécifiques (bsAb) se distinguent par leur polyvalence croissante. Selon le Dr Maria-Elisabeth Goebler, de l’hôpital universitaire de Würzburg, ces anticorps représentent une part de plus en plus importante des études cliniques sur les tumeurs solides et des nouveaux traitements approuvés. Le tarlatamab, un activateur de lymphocytes T, a notamment démontré des taux de réponse convaincants et des rémissions durables dans le cancer du poumon à petites cellules (CPPC). Cependant, son efficacité a été moins marquée dans le cancer neuroendocrinien de la prostate, soulignant l’importance d’une sélection rigoureuse des patients. D’autres anticorps bispécifiques, comme le cadonilimab (inhibiteur à double point de contrôle ciblant PD-1 et CTLA-4), ont été approuvés en Chine, tandis que le zanidatamab (ciblant deux épitopes de HER2) a obtenu l’approbation de l’Agence européenne des médicaments (EMA) en juillet 2025. Le zénocutuzumab, qui inhibe à la fois les récepteurs HER2 et HER3, est quant à lui approuvé par la FDA pour les tumeurs de fusion NRG1.

Le Dr Goebler a également mis en évidence les défis spécifiques aux tumeurs solides, notamment le microenvironnement tumoral immunosuppresseur, l’hétérogénéité des tumeurs, la perte potentielle d’antigènes, la toxicité et les barrières physiques au sein du stroma. Pour surmonter ces obstacles, elle suggère d’explorer des approches innovantes, telles que les promédicaments masqués ou les systèmes de nanoporteurs, afin d’améliorer la sélectivité et l’index thérapeutique.

CAR-T-Zellthérapie : Boostée par les cytokines

La thérapie cellulaire CAR-T, qui a révolutionné le traitement de certains cancers hématologiques, peine encore à démontrer son efficacité dans les tumeurs solides. Le professeur Claudia Rössig, de l’hôpital universitaire de Münster, explique que la persistance, l’expansion et surtout la pénétration dans les tissus tumoraux sont des facteurs clés. L’infiltration tumorale limitée, les barrières stromales et le microenvironnement immunosuppresseur constituent également des obstacles majeurs.

Pour améliorer la performance des cellules CAR-T, le professeur Rössig et son équipe explorent la combinaison de CAR avec la stimulation de la sécrétion de cytokines après contact avec un antigène. Des cellules CAR-T améliorées par l’IL-15 ont montré une expansion améliorée et une activité clinique initiale prometteuse. Une construction combinant un CAR spécifique de GD2 avec de l’IL-18 (GD2IL18CART) est actuellement testée à Münster. Une étude de phase I en cours a déjà traité 19 patients atteints de neuroblastome en rechute ou réfractaire, d’ostéosarcome/syndrome d’Ewing et de cancer du sein. Les premiers résultats indiquent une bonne fabrication, une toxicité inflammatoire modérée à faibles doses, une expansion in vivo et des rémissions complètes initiales.

T-Zell-Récepteur reste focalisé

Les lymphocytes T modifiés par le récepteur des lymphocytes T (TCR-T) représentent une autre approche prometteuse. Selon le professeur Martin Wermke, de l’hôpital universitaire de Dresde, leur principal avantage réside dans la capacité à détecter les antigènes tumoraux intracellulaires, un atout majeur dans le traitement des tumeurs solides. Cependant, cette thérapie est fortement dépendante du type HLA.

Le PRAME (antigène préférentiellement exprimé dans le mélanome) est un antigène cible important pour le TCR-T. Dans l’étude de phase I IMA203-101 avec Anzutresgene Autoleucel, des patients atteints de mélanome de type HLA-A*02:01 ont été traités. Le profil d’innocuité était favorable, sans toxicité de grade 4 ou 5. Plus de 50 % des patients atteints de mélanome ont obtenu une réponse objective, souvent avec des rémissions durables sur plusieurs années. Le syndrome de libération des cytokines (SRC) était généralement précoce et léger, et une neurotoxicité était rarement observée. L’autorisation de mise sur le marché a été obtenue aux États-Unis, mais à un coût élevé, de l’ordre de six chiffres.

La thérapie par cellules T infiltrant les tumeurs (TIL) adopte une approche différente. Les lymphocytes T sont extraits chirurgicalement de la tumeur, développés ex vivo, puis transférés aux patients. L’avantage de cette thérapie réside dans le fait que, étant des lymphocytes T natifs, la réaction immunitaire est potentiellement dirigée contre plusieurs antigènes. La FDA a également approuvé Lifileucel.

Vacciner contre le cancer avec des peptides

L’immunothérapie peptidique offre également des perspectives intéressantes. L’objectif de cette vaccination contre le cancer n’est pas la prévention, mais plutôt l’induction ciblée de réponses de lymphocytes T spécifiques à la tumeur dans une maladie existante. Le Dr Jens Bauer, de l’hôpital universitaire de Tübingen, explique comment identifier les antigènes appropriés, notamment par spectrométrie de masse et l’analyse directe des peptides HLA naturellement présentés. Outre les néoantigènes mutés, les antigènes non mutés associés aux tumeurs, les peptides cryptiques provenant de régions non codantes, les antigènes induits par le traitement et les ligands HLA solubles élargissent le spectre des cibles disponibles.

Le Dr Bauer souligne également l’importance d’une formulation contenant un adjuvant puissant, tel que XS15, administré par voie sous-cutanée avec des effets secondaires minimes. Dans l’étude iVAC-XS15-CLL01, une réponse robuste des lymphocytes T a été induite chez 90 à 95 % des patients atteints de LLC au stade MRD, et une réduction significative du MRD était corrélée à la force de la réponse immunitaire.

En conclusion, les immunothérapies les plus récentes semblent progresser de manière cliniquement pertinente, même dans les tumeurs solides. Les données soulignent la nécessité continue d’optimiser les approches thérapeutiques existantes et de développer de nouvelles stratégies. Les experts s’accordent à dire que l’avenir réside dans la combinaison de différentes approches, même pour les tumeurs solides.

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