Publié le 2024-02-29 10:30:00. Une simple analyse de la composition minérale des cheveux pourrait ouvrir la voie à un diagnostic précoce de la maladie de Parkinson, grâce à la découverte d’un schéma distinctif par des chercheurs chinois.
- Des niveaux anormalement bas de fer et de cuivre, associés à une augmentation du manganèse et de l’arsenic, ont été observés dans les cheveux de patients atteints de la maladie de Parkinson.
- Cette méthode de détection, non invasive, pourrait compléter les analyses sanguines actuellement à l’étude et offrir un historique plus précis de l’évolution de la maladie.
- Des perturbations du microbiome intestinal, une mauvaise alimentation et l’exposition à des polluants environnementaux pourraient être liés à ces anomalies minérales.
La maladie de Parkinson, une affection neurodégénérative progressive, pourrait bénéficier d’un nouveau biomarqueur de diagnostic. Une équipe de chercheurs de l’Université du Hebei, en Chine, dirigée par le biologiste Ming Li, a identifié des variations significatives dans la concentration de certains métaux présents dans les cheveux de patients atteints de cette maladie, par rapport à des personnes en bonne santé.
L’étude, menée sur un groupe de soixante patients, a révélé que les cheveux des personnes atteintes de la maladie de Parkinson présentaient des niveaux de fer et de cuivre significativement inférieurs à la normale. En contrepartie, les concentrations de manganèse et d’arsenic étaient plus élevées. Selon les chercheurs, cette combinaison d’anomalies présente un « potentiel diagnostique élevé ».
« Cette méthode pourrait être particulièrement intéressante car les cheveux conservent une sorte de mémoire de l’exposition aux éléments et du métabolisme de l’organisme sur une période plus longue que le sang, la salive ou l’urine. »
Ming Li, biologiste à l’Université du Hebei
La cause exacte de la maladie de Parkinson reste encore inconnue, mais les recherches actuelles suggèrent un lien étroit avec des facteurs environnementaux et des déséquilibres internes. Les chercheurs soulignent que les cheveux ont la capacité de stocker les métaux lourds provenant de l’alimentation et de l’environnement, ce qui en fait un indicateur potentiel de perturbations systémiques.
La carence en fer observée chez les patients atteints de la maladie de Parkinson a été particulièrement notable. Des expériences complémentaires menées sur des souris présentant des symptômes similaires à ceux de la maladie ont confirmé cette tendance. Ces animaux présentaient une barrière intestinale endommagée et une diminution de l’activité des gènes responsables de l’absorption du fer. Parallèlement, l’activité des gènes favorisant l’absorption du fer par les bactéries intestinales était accrue, ce qui pourrait contribuer à une carence en fer plus généralisée.
Ces résultats corroborent les études antérieures qui suggèrent que des modifications du microbiome intestinal peuvent précéder de plusieurs années l’apparition des symptômes de la maladie de Parkinson. La communication entre l’intestin et le cerveau semble jouer un rôle crucial dans le développement de la maladie.
L’augmentation des niveaux d’arsenic dans les cheveux des patients a également suscité l’attention des chercheurs. L’étude a révélé que les patients avaient tendance à consommer plus fréquemment des abats et des fruits de mer, des aliments qui peuvent contenir des niveaux relativement élevés d’arsenic.
Bien que cette étude soit de taille limitée et nécessite une confirmation sur un échantillon plus large, elle renforce les preuves existantes d’un déséquilibre du fer dans le cerveau, le sang et les intestins des patients atteints de la maladie de Parkinson. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si cette méthode d’analyse des cheveux pourrait devenir un outil de diagnostic fiable et accessible.