Publié le 21 février 2024 20:07:00. Des milliers de personnes ont participé à une marche à Lyon en hommage à Quentin Deranque, un militant d’extrême droite décédé après des affrontements avec des militants de gauche radicale, un événement qui a ravivé les tensions politiques à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.
- La manifestation, qui s’est déroulée sous haute sécurité, a rassemblé des personnes vêtues de noir, dont certaines portaient des masques, brandissant des fleurs et des pancartes appelant à la justice pour la victime.
- Le président Emmanuel Macron a appelé au calme et annoncé une réunion gouvernementale sur les « groupes d’action violente », tout en réaffirmant qu’aucune violence n’est légitime dans une République.
- Six personnes ont été inculpées pour implication dans l’agression mortelle, et une personne liée à un député de gauche radicale est également accusée de complicité.
La mort de Quentin Deranque, 23 ans, décédé des suites de blessures à la tête, a déclenché une vive émotion et une mobilisation importante au sein de l’extrême droite. Les affrontements qui ont conduit à son décès se sont produits en marge d’une manifestation contre un homme politique du parti La France Insoumise (LFI) à Lyon la semaine dernière. L’événement a rapidement été relayé et amplifié sur les réseaux sociaux par des groupes ultranationalistes et d’extrême droite, suscitant des craintes de nouvelles violences.
Les autorités ont déployé un dispositif de sécurité renforcé, incluant des drones, pour encadrer la marche lyonnaise. La préfète de région, Fabienne Buccio, a souligné que malgré l’absence d’appels à une contre-manifestation, la sécurité serait assurée tout au long de la journée et en soirée pour prévenir tout incident. Elle a déclaré :
« Nous ne tolérerons pas le moindre incident pendant la marche, tout comme nous ne tolérerons aucun incident en marge. »
Fabienne Buccio, préfète de région
Avant le départ du cortège, un hommage a été rendu à la victime dans l’église qu’il fréquentait, et son portrait a été affiché sur la façade du siège de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Laurent, un ami de M. Deranque, a expliqué être venu « défendre sa mémoire » dans un lieu symbolique pour lui, l’Eglise catholique et le rite traditionnel.
Aliette Espieux, une organisatrice du rassemblement, ancienne porte-parole d’un mouvement anti-avortement, a affirmé vouloir un « hommage apaisé ». Cependant, elle a critiqué Jordan Bardella, le président du Rassemblement National, pour avoir déconseillé à ses partisans de participer à la marche, estimant que cette attitude n’était « pas très honorable ».
Les parents de la victime, quant à eux, n’ont pas participé à la manifestation, souhaitant, selon leur avocat Me Fabien Rajon, qu’elle se déroule « sans violence » et « sans déclarations politiques ». Néanmoins, plusieurs groupes d’extrême droite, dont la faction nationaliste Allobroges Bourgoin à laquelle appartenait M. Deranque, ont largement promu l’événement sur les réseaux sociaux, alimentant les inquiétudes des autorités quant à l’arrivée de militants venus d’autres pays européens.
La tension était palpable à Lyon, certains habitants du quartier ayant barricadé les fenêtres de leurs appartements par précaution. Jean Echeverria, 87 ans, a confié :
« À mon âge, je ne vais pas jouer au dur. Si je dois sortir quelque part, j’éviterai les endroits où ils défilent. Ils continueront à se battre, cela ne finira jamais. Entre l’extrême de ceci et l’extrême de cela, c’est non-stop. »
Jean Echeverria, habitant de Lyon
La marche s’est tenue malgré l’opposition du maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, qui avait demandé son interdiction, ne souhaitant pas que la ville devienne « la capitale de l’extrême droite ». Manuel Bompard, coordinateur de LFI, avait également soutenu cette demande, qualifiant la marche de « manifestation fasciste ». Cependant, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a finalement refusé d’interdire le rassemblement, estimant qu’il était nécessaire de « trouver un équilibre entre le maintien de l’ordre public et la liberté d’expression », et a promis un « déploiement policier extrêmement important ».
L’affaire a également suscité une réaction aux États-Unis, où Sarah Rogers, du Département d’État, a qualifié l’assassinat de « terrorisme », dénonçant la montée du « gauchisme radical et violent ».
L’enquête se poursuit, six hommes étant inculpés pour meurtre et un assistant parlementaire de gauche radicale pour complicité.